l'Agha,quartier d' Alger :
carte n° 1/ : le boulevard Baudin
carte écrite : «...il fait bien chaud ici, je ne pourrais courir à travers les vignes,...Henri travaille son examen des postes,...»

carte n°2/le boulevard Baudin et le Lazaret
La 1 est plus ancienne que la 2 : les deux immeubles , 1er plan, sur la gauche, ont comblé le terrain vague. Quant au lazaret, (établissement isolé où l'on garde en quarantaine les équipages et les passagers de pays infectés par des maladies contagieuses), il est toujours présent.

sur site le 7/5/2002...+ avril 2018

3.-
Les derniers vestiges du " Lazaret ".
Afrique du nord illustrée du 31-8-1931 - Transmis par Francis Rambertt
mars 2021

Les derniers vestiges du " Lazaret ".

Il y a peu de temps encore il était considéré comme téméraire de s'aventurer, la nuit venue, sous les sombres feuillages des eucalyptus recouvrant cette partie d'Alger qui est aujourd'hui l'un des plus beaux quartiers de la capitale : le boulevard Baudin. A voir les immeubles géants qui furent édifiés avec la rapidité déconcertante avec laquelle jaillissent les constructions nouvelles, on reste surpris de la transformation radicale subie par le terrain depuis à peine quelques lustres.

C'est là, en effet, que se trouvait le " Lazaret ", la prison des femmes. Une balustrade en fer, dont il existe encore une partie en bordure du boulevard Baudin, surplombait un chemin creux, assez étroit, qui partait du carrefour de l'Agha, descendait doucement jusqu'à la porte monumentale de la geôle pour remonter, par une suite d'escaliers, jusqu'à la hauteur des fortifications.

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4.-A cet emplacement sera contruite la Maison des Étudiants
Echo d'Alger du 8-3-1930 - Transmis par Francis Rambertt
avril 2018

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carte n°2/le boulevard Baudin et le Lazaret



Les derniers vestiges du " Lazaret ".

Il y a peu de temps encore il était considéré comme téméraire de s'aventurer, la nuit venue, sous les sombres feuillages des eucalyptus recouvrant cette partie d'Alger qui est aujourd'hui l'un des plus beaux quartiers de la capitale : le boulevard Baudin. A voir les immeubles géants qui furent édifiés avec la rapidité déconcertante avec laquelle jaillissent les constructions nouvelles, on reste surpris de la transformation radicale subie par le terrain depuis à peine quelques lustres.

C'est là, en effet, que se trouvait le " Lazaret ", la prison des femmes. Une balustrade en fer, dont il existe encore une partie en bordure du boulevard Baudin, surplombait un chemin creux, assez étroit, qui partait du carrefour de l'Agha, descendait doucement jusqu'à la porte monumentale de la geôle pour remonter, par une suite d'escaliers, jusqu'à la hauteur des fortifications.

Aujourd'hui, il ne reste plus du bâtiment dont n'émergeait qu'une faible partie des murs gris et la toiture, qu'un vestige, évocateur cependant : une cellule. La porte qui jadis se trouvait dans une sinistre pénombre est maintenant exposée au vent, à la pluie et au soleil. Ce régime de vie au grand air qui n'était point celui qu'on lui destinait, l'a fortement fatiguée, aussi le bois vermoulu supporte-t-il avec peine les lourdes serrures, les verrous impressionnants, le judas de tôle épaisse. Par une imposte à demi obstruée par de forts barreaux de fer le soleil viole l'ombre de la cellule et dessine sur le mur un carré de lumière. Combien les prisonnières qui vinrent expier là leurs méfaits auraient été heureuses d'en jouir.

Par le judas entr'ouvert on voit l'emplacement du grabat sur lequel reposèrent les délinquantes. Sur les murs, blanchis à la chaux, se devinent, plutôt que ne se voient, des inscriptions bizarres. J'ai voulu connaître quelles étaient les femmes qui vécurent là une partie de leur misérable existence. Leur souvenir est mort. Aucune d'elles n'a laissé une trace marquante. Et cependant, combien de drames eurent-ils leur épilogue dans ce coin presque ignoré. La prostitution, le vice caché, conduisirent dans cette sombre cellule bien des mères, bien des filles qui ne furent ceci et cela que parce qu'elles ignoraient la vie. Mais, à côté d'elles combien d'autres, franchement méprisables, y croupirent des mois et même des années ?

Par la suite, la prison ayant été désaffectée, il fut question d'établir les bureaux de certains services administratifs dans ces locaux. On eut vite fait de se rendre compte de l'impossibilité de la chose et, le développement d'Alger ayant modifié la façon de voir de chacun, le " Lazaret " a été jugé indésirable.

La cité prenant une extension toujours plus grande, il a été nécessaire de faire disparaître les derniers restes d'une ville ancienne, pour les remplacer par ces impressionnantes bâtisses qui sont devenues aujourd'hui la Maison du Colon et qui seront demain la Maison des Étudiants. Les vieux eucalyptus qui recouvraient de leurs sombres frondaisons les terrains compris entre le boulevard Baudin et la mer ont presque entièrement disparu. La ville nouvelle empiète chaque jour sur les terrains vagues et, depuis de nombreuses années déjà ces quartiers, qui furent longtemps la terreur des " honnêtes gens ", sont aujourd'hui parmi les plus cotés de la capitale algérienne. Le " Lazaret "" n'est plus.

Bientôt le pic des démolisseurs fera place nette et il ne restera plus de ce bâtiment à l'aspect quelque peu rébarbatif, qu'un vague souvenir.


LA MAISON DES ETUDIANTS
• D'ALGER
Le docteur Plantey, secrétare général de la Maison des étudiants d'Alger, vient d'adresser à M. Pierre Bordes, gouverneur général, la lettre suivante :
" Monsieur le Gouverneur général,
" J'ai l'honneur de vous accuser réception et de vous remercier bien vivement de la subvention de francs : un million, que votre si grande bienveillance a fait attribuer à notre œuvre. Grâce, également, au terrain que vous avez bien voulu nous concéder, notre Maison est actuellement entrée dans la voie des réalisations. La démolition de l'ancien Lazaret se poursuit activement et dans les meilleurs conditions. D'autre part, notre architecte, M. Montalend, met la dernière main au projet de l'immeuble qui sera très prochainement, soumis au comité et à vous-même, Monsieur le Gouverneur général, si je ne craignais. pas de vous importuner.
" Bref, notre Maisons est entrée dans la phase active et nous ne vous dirons jamais assez notre gratitude.
"Agréez, je vous prie, Monsieur le Gouverneur général, l'expression de mes sentiments de respectueux dévouement.
"Docteur R. PLANTEY.
Secrétaire général. »