Constantine
1.-Le monument de La Moricière
On trouve aussi Lamoricière

...Le général, portant crânement la légendaire chéchia, apparaît au sommet du rempart dans lequel fut ouverte, à coups de canons, la fameuse brèche. Le sabre haut, il conduit la charge.

Derrière lui, noyé dans la masse du piédestal, le flot des zouaves se rue sur les pas de son chef, formant, une composition vivante et du plus saisissant effet.

Au-dessous du motif principal et sur la face antérieure, un clairon de zouaves, dressant, dans un geste de bravoure, le pavillon de son instrument vers le chef valeureux dont il chante la gloire, sonne la charge à pleins poumons.

A ses côtés, la Civilisation, figurée par une femme demi-nue, se penche, accueillante, vers l'Algérie qui, dans un gracieux mouvement de confiance, lui tend les produits du sol. Le tout est campé sur un bas relief d'une belle sobriété. Une tête de lion en décore la base et, au-dessous d'elle, un cartouche porte cette seule inscription : " A La Moricière ". ...
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Afrique du nord illustrée du 27-6-1908 - Transmis par Francis Rambert
déc.2020

2.-Le monument de La Moricière
: deux cartes postales

3.-
Ce qu'est devenu le monument. Où est-il actuellement?

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Le Monument de La Moricière

L'Illustration Algérienne, devenue depuis l'Afrique du Nord, reproduisait, dans un de ses premiers numéros, le projet de maquette d'un monument destiné à être élevé, à Constantine, à la mémoire du général La Moricière, l'un des héros de la conquête de" l'Algérie.
,Nous devons à l'obligeance de l'éminent sculpteur M. Belloc, la communication du document ci-joint qui représente la maquette "définitive, telle qu'elle a figuré au Salon. Le général, portant crânement la légendaire chéchia, apparaît au sommet du rempart dans lequel fut ouverte, à coups de canons, la fameuse brèche. Le sabre haut, il conduit la charge.

Derrière lui, noyé dans la masse du piédestal, le flot des zouaves se rue sur les pas de son chef, formant, une composition vivante et du plus saisissant effet.

Au-dessous du motif principal et sur la face antérieure, un clairon de zouaves, dressant, dans un geste de bravoure, le pavillon de son instrument vers le chef valeureux dont il chante la gloire, sonne la charge à pleins poumons.

A ses côtés, la Civilisation, figurée par une femme demi-nue, se penche, accueillante, vers l'Algérie qui, dans un gracieux mouvement de confiance, lui tend les produits du sol. Le tout est campé sur un bas relief d'une belle sobriété. Une tête de lion en décore la base et, au-dessous d'elle, un cartouche porte cette seule inscription : " A La Moricière ".

C'est vers la fin du mois d'octobre que sera inauguré ce splendide monument, avec une pompe inusitée. Le Ministre de la Guerre et le Gouverneur général ont promis de présider l'inauguration et l'on peut compter sur la présence des généraux Bailloud et de Torcy, commandants de corps d'armée, de la famille du général La Moricière et de la Municipalité de Rennes, ville natale du statufié.
L'honneur d'avoir pris l'initiative de glorifier l'armée d'Afrique dans la mémoire du héros de la prise de Constantine revient à la Municipalité de cette ville. Un comité fut constitué, à la tête duquel fut placé le général Monnot, commandant la division de Constantine.

Les généraux de Torcy et Gillot continuèrent l'œuvre de leur prédécesseur qui est aujourd'hui très heureusement terminée, grâce à la générosité de très nombreux souscripteurs et, en particulier, de l'armée d'Afrique.

Le sculpteur Belloc s'est admirablement inspiré de l'épisode glorieux qu'il était chargé de glorifier.

Le 12 octobre, la veille de l'assaut de Constantine, le général Valée fait appeler La Moricière :
- Colonel, c'est demain matin, au point du jour, que nous livrons l'assaut; je vous ai réservé
le poste d'honneur : vous monterez le premier. Je suis sûr de vous, mais êtes-vous sûr de vos hommes ?
- Général, ils n'ont jamais reculé.
-Je ne parle pas de leur courage, je le connais ; mais êtes-vous sûr qu'ils vous obéiront aveuglément ?
- J'en réponds.
- Eh bien, il faut qu'ils entrent sans tirer un coup de fusil, et si, à leur tète, vous êtes tué ou blessé, il faut qu'ils passent sur votre corps et vous laissent là, sans vous emporter. Le temps sera trop précieux. Pouvez-vous attendre ce sacrifice de leur courage et de leur dévouement ?
- Général, je vous le promets.

Le lendemain, les zouaves, avant le lever du soleil, marchaient, rasant la terre, en silence, portant devant eux une bourrée pour les cacher au regard et au feu de l'ennemi : tout à coup, La Moricière qu'ils croyaient auprès d'eux, s'écrie, en agitant son épée : " A moi, mes amis, la ville est à nous ! " et, le premier, il s'élance vers la brèche en criant : " Vive la France ! "

Les zouaves et les autres corps le suivirent au pas de charge. A ce moment, tous les Arabes et les Kabyles, postés sur les remparts, poussèrent des cris si sauvages et si bruyants que l'on n'entendait plus les fanfares de là musique française. Bientôt ils se lassèrent de crier et, à leurs hurlements, succédèrent des cris plaintifs. Une demi-heure après, les Français étaient maîtres de la brèche.
Tout à coup, ceux qui étaient sur le théâtre de ces événements sentirent comme tout leur être s'écrouler. Ils furent atteints et frappés si rudement dans tous leurs sens à la fois qu'ils n'eurent pas conscience de ce qu'ils éprouvaient. La vie fut comme anéantie en eux. Une effroyable explosion venait d'avoir lieu. Le colonel La Moricière en fut une des victimes et l'on craignit à la fois pour sa vie et sa vue qui, toutes deux, furent quelque temps en danger; une balle l'avait atteint à la tête.

Le soir, à l'ambulance, on lui apporta, sur son lit de camp, le drapeau de la ville. Le 11 novembre, il fut récompensé de ses services par le grade de colonel et maintenu à la tête des zouaves. Il avait trente-et-un ans.

La Moricière prit part, depuis, à l'affaire du col de Mouzaïa, à celle d'Isly, à la prise de la smala. En 1848, il était général de division et grand officier de la Légion d'honneur à 42 ans. Il devint, la même année,-ministre de la Guerre, et il mourut le 13 septembre 1865.
Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, prononça son oraison funèbre.


Le monument de La Moricière
Statue du général Lamoricière - 1910

 

Le monument de La Moricière
Statue du général Lamoricière - 1910


http://ecobois.free.fr/lamoriciere/1.php

Cette statue de Lamoricière a été érigée le 29 Juin 1969 à St Philbert de Grand Lieu.Vous la trouverez près de l'église.
Elle nous arrive d'Algérie, de la ville de Constantine dont elle nous relate la prise du 13 Octobre 1837 (voir au dos de la statue).

A gauche : Lamoricière blessé
A gauche : Lamoricière blessé
A droite : l'assaut est donné par la cavalerie

Ce qu'est devenu le monument. Où est-il actuellement?
Trouvé dans "Monuments en exil", de Alain Amato, 1979 - BNF Gallica

Puis vint l'indépendance et, en une nuit, celle du 8 au 9 juillet 1962, la statue fut déboulonnée et embarquée pour Marseille par le Génie de l'Armée française. Elle séjourna sur les quais de Marseille jusqu'en juin 1963.La statue aujourd'hui. Elle fut transférée à Nantes, le ministre des Armées l'ayant attribuée à la ville natale de Lamoricière. Dès son arrivée elle fut remisée en pièces détachées au dépôt de la Moutonnerie.

Environ un an plus tard Me Pennetier, maire de Saint-Philbert de Grand Lieu et conseiller général de la Loire-Atlantique, apprit son existence et eut l'idée de la réclamer pour sa commune,

C'est en effet du lieu dit "La Moricière", à deux kilomètres de Saint-Philbert, que la famille tient son nom.

Cinq années s'écouleront où Me Pennetier multiplia les démarches et, le 29 juin 1969, récompensé de sa ténacité, il inaugura la statue devant deux mille personnes.

Le corps du général Lamoricière repose à la chapelle du cimetière de Saint-Philbert.

De plus un cénotaphe en sa mémoire a été élevé en 1879 dans la cathédrale de Nantes sa ville natale.

On en parle ici, aussi.
http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/lamoriciere.htm


Mauvaise copie du PDF de " Monuments en exil"

S a i n t - P h i l b e r t - d e - G r a n d - L i e u Loire-Atlantique
Rue Lamoricière
Constantine : monument du général Lamoricière

Louis Juchault de Lamoricière naquit à Nantes en 1806. Polytechnicien et officier du Génie, il participa comme lieutenant à la prise d'Alger en 1830. Promu capitaine l'année suivante, il fut chargé d'organiser le 1er bataillon de zouaves. En 1832 il devint le premier chef des «bureaux arabes" et prouva «que l'on peut traiter avec eux autrement que la baïonnette au bout du fusil» (Pélissier de Reynaud).

Lieutenant-colonel, en octobre 1837, au siège de Constantine, il commanda la première colonne d'assaut. C'était un vendredi 13 !Quelques sapeurs du Génie, devant marcher en tête de la colonne, en firent l'observation au général Fleury qui leur répondit «Mauvais présage, en effet, mais ce sera tant pis pour les Musulmans (1 ).» L'artillerie avait canonné toute la nuit, l'aube se leva sur un temps superbe. ((II était sept heures, tout était prêt : le colonel Lamoricière et les premières compagnies de zouaves se tenaient collés contre l'épaulement de la batterie de brèche, la tête de la colonne appuyée à l'ouverture qu'on avait
aménagée dans le parapet. Le duc de Nemours qui, dès l'origine, avait été nommé commandant du siège donne, d'après l'ordre du général en chef Valée, le signal d'assaut. Aussitôt le colonel Lamoricière et des officiers du Génie et de zouaves, suivis de leurs troupes, sortent rapidement du retranchement avec une sorte d'impétuosité contenue et disciplinée, et se portent au pas de course jusqu'au pied de la brèche. En un instant, malgré la roideur de la pente et les éboulements des terres et décombres qui manquaient et croulaient, à chaque mouvement, sous les pieds et les mains des assaillants, elle est escaladée...

Bientôt le drapeau tricolore, que portait le capitaine Garderens, des zouaves, est planté sur la crête de la brèche (2). » Quelques minutes plus tard il y eut une forte explosion, un magasin de poudre venait d'exploser mettant hors de combat Lamoricière brûlé au visage et aux mains; il faillit y perdre la vue.

Encore trois ans et il gagnerait son étoile de général en commandant une autre colonne d'assaut au col de Mouzaïa. «Le petit képi africain sur la tête, la tunique courte, le pantalon très large, une ample ceinture sur la taille, une longue canne à la main, sans épée, sans épaulettes, tel nous aimions voir devant nos colonnes le jeune général (trente-quatre ans) qui contrastait si fort avec les officiers supérieurs ou généraux (3)...» La chéchia rouge qui le coiffe et surtout la canne dont il ne se sépare jamais feront beaucoup pour sa popularité. Les Arabes l'appelaient Bou-Chéchia et surtout Bou-Aouara (l'homme au bâton). Molltagnac - le malheureux héros de l'affaire de Sidi-Brahim - écrivit en novembre 1840 :
«Le petit Lamoricière ne nous laisse pas beaucoup de repos...», tandis que d'Hérisson note dans ses mémoires : «Comment le soldat, le simple soldat, en plaine depuis onze mois, abîmé de privations, sans soutien, sans capote, sans pain et sans café, épuisé par des marches incessantes de jour et de nuit, pourrait-il aimer un pareil général (4)!» En face, Abd el- Kader qui fait les frais de l'ardeur guerrière de Lamoricière, ira jusqu'à lui offrir une solde de vingt-quatre mille francs et surtout... la main de sa soeur s'il voulait abandonner le service de la France pour le sien (5). Peutêtre est-ce là l'origine d'une célèbre expression que forgèrent les Salaouetches chers à Paul Achard...!

En 1841, à l'arrivée du maréchal Bugeaud comme gouverneur de l'Algérie, Lamoricière commande la province d'Oran. Ces deux fortes personnalités s'opposeront, leur conception sur la conquête étant différentes. Dubarail, témoin d'une de leurs rencontres, nous dépeint ainsi la scène : «Le général de Lamoricière et le maréchal Bugeaud..............................