Alger, Algérie : documents algériens
Série sociale : université
La cité universitaire d'Alger (Ben-Aknoun)

n°39 - 30 décembre 1952

-------Au début de novembre 1950, sous la loi de 1901, fut créée l'Association de la Cité Universitaire d'Alger. Elle avait pour but de procurer aux étudiants et aux étudiantes de l'Université d'Alger, des conditions de vie aussi favorables que possible à leur travail et à l'épanouissement de leur personnalité. Les fondateurs de la cité désiraient qu'elle fût avant tout une oeuvre de rapprochement intellectuel et moral entre tous les jeunes universitaires qu'elle accueillerait. Par les échanges journaliers. de sympathie et d'idées, la cité servirait de son mieux l'esprit d'humaine compréhension que, fidèle à ses traditions, l'Université Française entend maintenir et répandre.

mise sur site le 31-01-2005
90 ko
retour
 


-------Qu'il soit élève de Platon, condisciple de Villon, écolier de Salamanque, étudiant allemand batailleur et balafré, jeune sportif ou esthète anglais, clerc semi-laïque des grandes communautés de l'Inde, de la Chine ou de l'Arabie, inscrit à nos Universités modernes, l'étudiant a posé, pose et posera de manière plus ou moins pressante, à travers le monde et au cours des temps, le problème de son habitat.

Terrasse d'un pavillon, 1er étage
Terrasse d'un pavillon, 1er étage

------L'histoire des grands mouvements culturels montre qu'à toutes les époques, tous ceux que le sort des élites intéresse ont pris des dispositions individuelles ou collectives pour aider la jeunesse à s'organiser : solutions multiples, formules simples ou rigides, libérales ou dirigées dont on retrouve aujourd'hui à peu près toute la diversité.

-------Après la guerre de 1914 un premier élan avait été donné, et dès après le conflit la Société des Nations appuya la création d'une cité internationale d'étudiants. Ce fut la Cité Universitaire de Paris dont la réussite éclatante allait orienter et éclairer bien des initiatives.

-------Les difficultés nées de la guerre de 1939, la crise du logement, l'augmentation de la vie et tous le problèmes qui se posaient en premier lieu à l'étudiant, par conséquent à l'élite française, incitèrent plusieurs Universités de France à suivre l'exemple de l'Université de Paris. Elles se trouvaient en face de difficultés qu'il fallait à tout prix résoudre si on voulait conserver le patrimoine intellectuel national. Devant l'ampleur d'une telle tâche, tous ceux qui s'intéressaient à la jeunesse estudiantine, décidèrent de mettre en commun leurs expériences, leurs espoirs, leurs doutes, leurs idées neuves qui, alliées aux vieux principes, formèrent une doctrine de base à même de bâtir des cités futures avec le maximum de chance, en fournissant à l'étudiant un habitat qui correspondait en même temps qu'y ses possibilités pécuniaires à ses besoins et à ses aspirations.

-------Un Congrès international de l'Habitat de l'Etudiant fut décidé et se réunit le 29 juin 1950. A ce Congrès, pour la première fois, l'Algérie prit place au sein des provinces françaises et put, du fait de la guerre qui avait multiplié sa population, du fait de la crise du logement et de l'augmentation de la vie, envisager de créer pour elle-même une Cité Universitaire où seraient reçus non seulement les étudiants de son territoire, mais encore ceux de la Tunisie, du Maroc et même de la Métropole et de l'Etranger.
-
------
Des tentatives avaient été faites à plusieurs reprises en Algérie pour le logement de l'étudiant. Elles avaient échoué pour des raisons diverses mais elles servirent cependant à l'élaboration de la nouvelle cité et il s'avéra qu'elles n'avaient pas été inutiles.

BUT.

-------Au début de novembre 1950, sous la loi de 1901, fut créée l'Association de la Cité Universitaire d'Alger. Elle avait pour but de procurer aux étudiants et aux étudiantes de l'Université d'Alger, des conditions de vie aussi favorables que possible à leur travail et à l'épanouissement de leur personnalité. Les fondateurs de la cité désiraient qu'elle fût avant tout une oeuvre de rapprochement intellectuel et moral entre tous les jeunes universitaires qu'elle accueillerait. Par les échanges journaliers. de sympathie et d'idées, la cité servirait de son mieux l'esprit d'humaine compréhension que, fidèle à ses traditions, l'Université Française entend maintenir et répandre.

-------
M. le Ministre NAEGELEN, alors Gouverneur de l'Algérie, s'intéressa immédiatement à cette réalisation et, dès la rentrée de l'Assemblée Algérienne, fit dans son discours d'inauguration, allusion à la nécessité pour Alger de faire édifier une Cité Universitaire.

-------Quelques mois après, l'Assemblée Algérienne inscrivait au budget les premiers crédits pour la construction d'une résidence saine, destinée à loger les étudiants les plus méritants. Deux solutions se présentaient : soit aménager des hôtelleries urbaines aussi rapprochées que possible des différents centres d'enseignement, et au mieux des disponibilités d'immeubles et de terrains, soit de grouper tous les étu-diants sauts distinction d'études, de races ou de religions, dans une vaste Cité suburbaine.

-------Cette seconde solution fut adoptée.

EMPLACEMENT.

-------La mise en chantier d'une première tranche de travaux fut décidée et M. le Recteur de l'Université proposa un vaste parc de 7 ha 5 environ, à 250 mètres au-dessus de la mer, situé sur la commune d'El-Biar, au lieu dit BEN-AKNOUN, c'est-à-dire à 7 km du centre d'Alger. Il se limite par les jardins du lycée du même nom et par ceux du lycée franco-musulman actuellement en construction.

-------
Il est ensoleillé, aéré et sera bien drainé lorsque le Service de l'Hydraulique aura achevé les collecteurs en construction.

-------Sur ce terrain, ii fut convenu de réaliser immédiatement le logement de 4 à 500 étudiants, et d'utiliser les vieux bâtiments existants - ancienne villa mauresque - pour les services généraux provisoires : économat, restaurant, buanderie et leurs annexes.

-------L'emplacement choisi n'offre pas seulement l'avantage d'être parfaitement sain et planté de beaux arbres, mais il est facile de l'alimenter en eau potable par un puits dont l'eau est verdunisée et par branchement sur les installations de la Compagnie des Eaux du Sahel. La face mamelonée du terrain permet en outre une évacuation aisée des eaux résiduaires vers l'oued Kerma, par l'intermédiaire d'un collecteur en construction.

-------Enfin la ligne d'énergie électrique de haute tension longe la Cité, ce qui permet sans grand frais la construction d'un transformateur à trois cellules de 62 kw pour le desservir en courant 220/380 volts, à l'exclusion du courant 110 volts.

-------Le site étant choisi, le Bureau de la Nouvelle Association présidé par Mme CHARLES-VALLIN. déléguée à l'Assemblée Algérienne, décida le démarrage inimédiat de l'avant-projet et désigna M. BIENVENU, architecte D.P.L.G., président de l'ordre des architectes, pour exécuter ce travail.

-------L'Assemblée Algérienne vota un premier crédit de 125 millions. L'achat du terrain se monta à 18 millions.

DISPOSITION GENERALE.

-------La responsabilité de cette construction était lourde car il s'agissait, dès le début, d'agencer une cité dont tous les détails étaient susceptibles d'apporter aux étudiants le maximum de facilités et de confort, non seulement dans l'immédiat mais aussi dans l'avenir.

-------La première tranche devait fournir le logement de 300 étudiants environ et il fallait prévoir une cité qui en abriterait un millier.

-------Minutieusement, jour après jour, ceux qui en avaient pris l'initiative travaillèrent à ce vaste projet auquel s'intéressèrent bientôt tous les Directeurs du Gouvernement Général, les Doyens de la Faculté, des étudiants même, renouvellant ces belles équipes du Moyen Age où tous travaillaient du m - me couur à la cause commune.

-------Le 29 Juin 1950, la maquette de la future Cité Universitaire d'Alger était exposée au Pavillon de la Cité Universitaire de Paris et recueillait les suffrages unanimes.

-------Départ magnifique d'un combat plus obscur qui se poursuivit, se poursuit et se poursuivra sans relâche puisque chaque jour exige des perfectionnements et découvre des besoins nouveaux.

-------En Novembre 1950, c'est-à-dire moins de trois mois après le vote de l'Assemblée, deux pavillons. de 108 chambres accueillaient les heureux bénéficiaires de la Cité. Une année après, deux autres pavillons étaient inaugurés. En Février 1953, les jeunes filles pourront à leur tour disposer de 108 chambres. La cité abritera 324 étudiants sur les 1.000 qu'elle doit loger.

-------En un temps record, les routes ont été tracées et exécutées, l'eau et l'électricité amenées, les égouts agencés, les bâtiments construits. Des arbres et des fleurs ont été plantés, les terrains de sports aménagés. Tout cela au milieu de difficultés, d'oppositions, de critiques qui n'ont en rien découragé les initiateurs de cette belle oeuvre.

-------Les crédits alloués à la Cité pour l'année 1952 par l'Assemblée Algérienne se montent à 178 millions. Depuis le début des travaux, elle a ouvert à cette construction environ 500 millions de crédits pour les travaux exécutés, en cours d'exécution ou projetés, prouvant ainsi son souci de procurer une aide aussi large que possible à la vie de l'élite formée par l'Algérie.

-------A l'heure actuelle deux pavillons sont terminés, deux sont en voie d'achèvement et destinés aux jeunes filles.

-------La future cité comprendra 19 à 20 pavillons de séjour, s'étageant en un arc de cercle largement ouvert à l'Est, au pourtour d'une plateforme sur laquelle seront disposés les services collectifs accessibles aux étudiants : un bâtiment abritant les services administratifs de la cité, quelques petites salles de conférences et d'études, une bibliothèque avec salle de lecture, et dans un attique, des dortoirs destinés à des associations estudiantines et sportives de passages à Alger, quelques chambres pour invités.

-------Un bâtiment abritant une salle de réunion pourra contenir la population de la Cité et les invités, des petites salles de chorale et de musique, des petits laboratoires de bricolage (radio, photo, cinéma, etc...), des salles de gymnastique, judo, boxe, escrime, enfin, tout ce qui concerne les loisirs et la culture physique. Une piscine de dimensions réglementaires sera construite près de ce bâtiment.

-------Un autre abritera les salles de restauration, la cuisine et des annexes.

-------D'autres bâtiments de service seront réservés à la buanderie, la lingerie, au garage, aux ateliers de réparations (menuiserie, plomberie, électricité, peinture).
Une chaufferie centrale desservira non seulement la Cité mais les établissements d'enseignements voisins.

-------Enfin, un bâtiment pour le logement du personnel, comprenant une dizaine d'appartements, quelques vilias pour les directeurs, et une conciergerie située à l'entrée de la cité, commandant l'allée principale ouverte au public et le chemin de service réservé au personnel et aux fournisseurs complèteront l'ensemble des constructions.

-------La décoration des pavillons a été confiée à MM. DAMBOISE et CARTON, sculpteurs, et au peintre FERNEZ.

AGENCEMENT DES PAVILLONS.

-------L'idée du petit pavillon de 20 chambres, comme celui de 200 chambres, a été abandonnée, la gestion du premier étant trop coùteuse, la surveillance du second étant trop difficile. De plus, chacun de ces volumes était inadapté à la nature environnante et se serait mal équilibré avec celui des édifices d'enseignement voisins.

-------Le bloc de 50 à 60 chambres réparties sur un rez-de-chaussée et deux étages a été adopté.

Vue d'ensemble d'un pavillon
Vue d'ensemble d'un pavillon

--------Chaque pavillon se présente en demi-cercle et se distingue des autres par sa couleur ou par celle des bougainvillers qui grimpent jusqu'au premier étage. Ils ont été disposés de telle manière que toutes les chambres prennent jour et air à l'Est et au Nord-Est, à l'exclusion du Nord-Ouest c'est-àdire du soleil chaud de l'après-midi.

-------Les chambres du rez-de-chaussée possèdent une petite terrasse de plain-pied, celles du premier étage ont une terrasse collective ; au deuxième étage elles sont individuelles. Ce sont de vrais solariums où l'étudiant peut se reposer. Les cabinets de toilette et douches dont dispose chaque chambre d'étudiant prennent égalemnt et directement air et lumière sur la façade Est ou Nord-Est. Ils font légèrement saillie sur cette façade de manière à couper les balcons-terrasses situés devant les chambres et les isoler les uns des autres.

------Les dimensions de chaque chambre sont de 8 m2. Le cabinet de toilette-douche, de 2 m2. La surface totale de la pièce, y compris les armoires et débarras est de 12 m2.
Des gaines de distribution (horizontales au-dessus des armoires et des douches et verticales) continuent les canalisations d'eau chaude et froide, les canalisations électriques et de chauffage.

-------A chaque étage, c'est-à-dire pour 20 chambres, sont installés une tisanerie avec eau chaude et froide, réchaud électrique et une salle d'eau, lavoir et séchoir pour le petit linge.

-------Enfin, au rez-de-chaussée, et en plus des pièces indiquées ci-dessus, des petites salles de réunion et d'études sont réservées au travail en commun.

LA VIE INTERIEURE DE LA CITE.

-------Deux pavillons de 54 chambres chacun ont été ouverts aux étudiants le 6 Novembre 1950 et officiellement inaugurés le 15 Février 1951 par M. le Gouverneur Général de l'Algérie, en présence de toutes les personnalités civiles, militaires, religieuses et des représentants de l'Union Nationale des Etudiants de France.

-------A l'heure actuelle, la cité abrite 270 étudiants et bientôt deux nouveaux pavillons, destinés aux jeunes filles, seront ouverts.

-------27 personnes sont occupées au service des étudiants, plus six ouvriers agricoles et un jardinier. La cité possède en effet un potager qui fournit : légumes, fruits et salades. Les plus gros achats sont faits chaque semaine aux Halles et conservés dans des pièces spéciales.

-------Chaque pavillon exerce sa propre surveillance. L'électricité étant comprise dans le prix modeste de la pension, les étudiants ont toute facilité de travailler tard le soir. Ce prix est de 8.000 fr par mois, tout compris, c'est-à-dire : logement dans une chambre individuelle et repas. Chaque matin le restaurant groupe les hôtes de la Cité qui trouvent pour 20 fr un copieux petit déjeuner. Les deux autres repas offrent pour 70 fr un hors~d'ceuvre ou un potage, un plat de viande et de légumes, salades. fruits.

-------Le service de blanchisserie fonctionne régulièrement. Le garçon d'étage prend chaque samedi dans ia chambre de l'étudiant le linge que celui-ci a préparé. Porté à la buanderie, il y est lavé dans une vaste machine, puis essoré, séché et conduit à la lingerie où il est repassé, racommodé ; il est livré à l'étudiant le samedi suivant. La somme à payer, moitié de celle exigée par les blanchisseries de la ville, est portée sur sa note mensuelle. Pour l'étudiant moins fortuné, un petite buanderie, à chaque étage des pavillons, est mise à sa disposition avec deux séchoirs et eau chaude deux fois par semaine.

-------Une infirmerie, alimentée par toutes les grosses maisons de produits pharmaceutiques de France, sera prochainement transformée en un véritable dispensaire avec salle d'auscultations, pourvue d'un matériel de dentiste et de 10 chambres pour isoler les malades. Elle est dirigée par un étudiant en médecine qui peut ainsi préparer sa thèse étant à pied d'ceuvre.

-------La Bibliothèque, peu fournie jusqu'ici, est pourvue surtout par les dons généreux de tous ceux qui s'intéressent aux travaux des étudiants. Elle est utile à ceux qui ne peuvent se rendre à celle de la Faculté entre les cours.

ADMINISTRATION.

Le pavillon administratif
Le pavillon administratif

-------La cité est gérée par une association privée dont le Conseil d'Administration se compose de :
-------1) 6 hauts fonctionnaires désignés par le Gouvernement Général de l'Algérie, dont le Recteur de l'Académie d'Alger.
-------2) les doyens des Facultés de l'Université d'Alger.
-------3) 6 membres de l'Association, choisis parmi les personnalités politiques élues.
-------4) 8 étudiants dont 5 désignés ,par l'Association générale des Etudiants d'Algérie et 3 par ceux résidant à la Cité Universitaire.
-------5) 2 personnalités librement choisies et qui s'intéressent tout particulièrement aux questions touchant la vie matérielle et morale des étudiants.

-------Depuis sa création, la Cité Universitaire est présidée par Mme Henriette CHARLES-VALLIN, déléguée à l'Assemblée Algérienne.

-------L'Assemblée Algérienne a voté un crédit annuel de 3 millions pour permettre à la Cité de loger ses étudiants dans des conditions exceptionnelles. Avec cette subvention et l'administration actuelle, la Cité Universitaire d'Alger équilibre parfaitement son budget, et améliorera encore davantage cet équilibre au fur et à mesure de son développement.

-------Le Bureau de l'Association, formé de membres bénévoles, se réunit tous les quinze jours et, avec 1' aide d'étudidnts élus par leurs camarades, étudie tous les aspects d'une gestion délicate, et d'un fonctionnement qui est une grosse responsabilité pour le personnel réduit qui veille sur lui.

-------Tout est examiné, discuté depuis les menus jusqu'à l'aménagement des futurs pavillons, en passant par l'état des routes, la consommation de l'eau, de l'électricité, du mazout, les augmentations du personnel, l'état de la cité, les réceptions, etc...

CONDITIONS D'ADMISSION.

-------La Cité Universitaire reçoit tous les éléments, français, musulmans, étrangers. Elle a accueilli l'an dernier dix étudiants du Maroc, et en compte 30 cette année qui préfèrent Alger à Bordeaux où ils avaient coutume d'aller achever leurs études. Le nombre d'étudiants d'A.E.F. et d'A.O.F. augmente chaque année. Ainsi, Alger devient le *Centre d'un vaste mouvement d'amitié et d'échanges internationaux indispensables aux esprits modernes.
Les conditions d'admission sont les mêmes pour tous les étudiants. Le baccalauréat est exigé ainsi qu'un dossier complet qui comprend : un certificat médical et l'extrait du rôle des impôts versés par les parents ; la Commission d'Admission favorisant naturellement les étudiants qui se trouvent être pour leur famille une charge parfois insurmontable.

CONCLUSION.

-------La Cité Universitaire d'Alger apporte donc une solution aussi parfaite que possible aux problèmes de l'étudiant sans excéder les crédits financiers dont l'Algérie dispose.

-------Elle offre aux jeunes un habitat sans luxe mais confortable, des conditions favorables à leur équilibre physique et à leur travail : soleil, grand air, quiétude, silence, et une formule de vie en commun favorable au développement du respect de l'individu, du sens de la solidarité, des responsabilités et de toutes les vertus sociales qui seront nécessaires aux élites de demain.

-------Malgré cet effort, la Cité Universitaire de Ben-Aknoun n'apporte cependant à l'heure actuelle qu'une solution partielle au problème de l'habitat de l'étudiant. La formule économique et sociale qu'elle offre, si riche de possibilités, demande à être élargie, améliorée. Pour qu'elle prenne son sens véritable et rende à l'Algérie les services que celle-ci est en droit d'en attendre, elle doit très rapidement pouvoir loger un nombre beaucoup plus élevé d'étudiants, son accès doit devenir plus facile et ses communications avec les Facultés plus rapides et plus commodes. Mille chambres seraient nécessaires pour faire face aux besoins d'une population estudiantine qui compte plus de cinq mille étudiants.

-------Des échanges, un brassage de classes et de races, dans une égalité totale, pourraient s'effectuer dans les meilleures conditions sii la Cité avait la possibilité d'agréer toutes les demandes.

-------Les premières réalisations sont fortes de promesses.
La Cité de Ben-Aknoun devient un centre de rayonnement français. Le dernier Congrès de Géologie qui a pu y abriter plus de 300 de ses membres venus de tous les coins du -monde, dans des conditions exceptionnelles de confort et d'agrément, sera l'un des premiers et meilleurs témoins de la réussite de cette oeuvre due à la ténacité et au coeur de ceux qui l'ont entreprise et menée à bien.