le jardin d'essai, le Hamma -Alger,
Louis Auguste HARDY, Directeur du Jardin d'Essaidu 3 mars 1842 au 31 décembre 1868
Extrait de la revue "Aux Échos d'Alger", n°102, septembre 2008
sur site le 20-2-2008

99 Ko
retour
 
(Marcelline SAMPOLChevalier de l'Ordre National du Mérite3, rue du Lavoir — 91790 BOISSY Ss St-Yon)

Il est né le samedi 12 décembre 1818 à 18 h à Versailles, au 52, bd de la Reine. Son père Nicolas HARDY est jardinier, sa mère Marie Catherine ROBERT, sans profession.

A 17 ans, il entre comme élève ouvrier au Muséum d'Histoire Naturelle.

En 1842, son professeur Mr de MIRBEL, frappé par son intelligence, le propose au Ministre de la Guerre, le Maréchal SOULT, qui le nomme Directeur de la Pépinière Centrale du Gouvernement à ALGER, le 3 mars 1842, au traitement annuel de 2400 francs.

La pépinière a été créée en décembre 1832 par le général AVIZARD, sur un ancien marais où l'on chassait le sanglier.

Le 23 octobre 1541, Charles QUINT avait débarqué à cet endroit.

Cette pépinière avait pour but de propager la culture des végétaux les plus utiles, qui convenaient le plus au sol et au climat d'Afrique du Nord.

Les dix premières années, sous la responsabilité du lieutenant de vaisseau BARNIER, puis du commandant BERARD, furent pénibles, la politique coloniale étant très indécise.

Auguste HARDY prend ses fonctions à ALGER le 2 avril 1842.

Une fiche individuelle du Gouverneur Général le décrit comme ayant une très bonne éducation, un caractère peu facile, une conduite administrative satisfaisante et une vie privée très honorable pour ce célibataire.

Il y est très actif :Il introduit le coton d'Amérique du Nord en 1844 (En 1866 la superficie du coton cultivé en Algérie est de 57 ha 80.En 1845, il propose l'achat de terrains en colline depuis la rue de Lyon jusqu'au Fort des Arcades pour y créer une école d'oliviers.Il est alors élu Président de la Société des Agriculteurs d'Algérie.Il importe du Mexique : la chayotte et du Muséum de Paris : le sapindus.En 1850, il fait venir d'Italie le mandarinier.Il planta les grandes allées : en 1845 les platanes, en 1847 les dattiers et les dragonniers ainsi que les bambous (cette allée a ensuite été prolongée à l'ouest en 1865). en 1850 l'allée des lataniers.

Le 25 avril 1848 ont lieu les premières élections législatives en Algérie. Il s'y présente, mais sans succès.

L'année suivante, il obtient un congé de six semaines pour se rendre à Paris en juillet. et le 7 novembre 1849. il est élevé au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur.Cette même année, la Pépinière Centrale d'ALGER participe au concours de Paris, puis à celui de Londres en 1851 afin de faire connaître les ressources de l'Algérie. Il avait alors déjà étudié 40 variétés de tabac !

A l'exposition de Londres en 1862 (Cf . Revues GAMT n° 78 ET 79) il obtient une médaille pour sa « très fine collection de fibres végétales » (lin. chanvre, agave, bananier...) et des mentions honorables pour une collection de coton et soie. et des matières naturelles pour la teinture.Des mentions honorables également dans les sections « matières médicinales » pour ses plantations d'opium et autres, dans celles des « céréales, fourrages, légumes » pour une grande collection de céréales et légumes d'excellente qualité.Dans la section « soies ». il obtient encore une mé? daille pour « introduction du bombyx en Algérie » (deux sortes).

Il est vraiment universel !

Son salaire est passé à 3000 francs en 1850, il envisage alors son mariage. Il 32 ans début 1851 et solliciter un nouveau congé de 25 jours pour aller à Orange épouser Amélie LACROIX. Elle lui donnera 4 enfants : Marie Rose Geneviève, Nicolas Honoré Philippe, Honoré Augustin Aimé et Lucien Joseph Régis.

En 1854, il propose la location de 8 ha situés aux Gorges de la CHIFFA pour tenter la culture du thé et du quinquina.

Le 11 mai 1857 son salaire passe à 5000 francs. Juin et juillet 1858, il doit retourner en Avignon pour une affaire familiale.

Le JARDIN D'ESSAI qui s'était agrandi à l'est, de la partie de l'allée de ficus, voit alors en 1861 la transformation et l'agrandissement de la pépinière centrale, qui devient « Jardin d'acclimatation ».

Auguste HARDY est nommé le 1er avril 1861, Directeur du JARDIN D'ESSAI avec un salaire annuel de 8000 francs plus 1800 francs d'indemnité pour l'inspection générale des pépinières et des plantations publiques de l'Algérie.

Au printemps, les premières graines d'eucalyptus ramenées d'Australie par Mr RAMEL sont semées par Auguste HARDY.

Le 16 mars 1863, il est promu « Officier de la Légion d'Honneur ».

Le JARDIN D'ESSAI s'agrandit encore à l'est par une Nouvelle allée de ficus, et en 1864, à l'ouest par l'allée des platanes, sur la colline.De 5 ha à sa création, ce « jardin » passe à 23 en 1834, pour atteindre finalement jusqu'à 63 ha.Il s'étend de la rue Sadi Carnot au Fort des Arcades. l'éperon du plateau dominant LE RUISSEAU jusqu'au Ravin de la Femme Sauvage.

Au cours de son voyage en Algérie, le 11 mai 1865, NAPOLEON III visite le «JARDIN D'ESSAI». Il en est certainement ébloui et, désirant sans doute lui donner encore plus d'importance, il en concède l'exploitation à la Cie algérienne pour 49 ans. Nous sommes en décembre 1867, et hélas Auguste HARDY, qui résidait sur les lieux mêmes, est invité à partir avant même la remise des clés au nouveau directeur, Mr RIVIERE.

Dans son dossier, on trouve une lettre émouvante écrite de sa main : non seulement on le change de poste sans ambages, mais cette nouvelle « position » le prive de ses droits à la retraite ! Or, il aura 50 ans dans 6 mois, dit-il (fin d'année 1868) et il demande qu'on lui accorde « une simple indemnité pour les courses qu'il aura à faire sur le domaine. jusqu'à prise de possession définitive ».

En effet, son nouveau poste de directeur de la ferme de BOUKANDOURA, commune de L'ARBA, ne prendra effet qu'à la fin de l'année car « le domaine impérial de BOUKANDOURA est encore occupé par des fermiers qui doivent faire les récoltes de l'année courante ».Cette ferme fut créée en 1851 et appartenait à la liste civile de l'Empereur. Il s'agit d'un service privé n'assurant aucun droit à la retraite.

Enfin pour couronner le tout, aucun traitement ne lui a été versé depuis 3 mois.Il avait quitté le JARDIN D'ESSAI lors de la cession à Messieurs FREMY et TALABOT agissant pour le compte de la Cie algérienne, pour prendre la direction de cette ferme au salaire de 8500 francs.

Enfin, il a réussi à obtenir satisfaction puisqu'il reste en fonction jusqu'au 31 décembre 1868. Il est alors admis à faire valoir ses droits à la retraite pour cause de « suppression d'emploi », et obtint une pension civile de 4000 francs à compter du 1er janvier 1869.

Mais il n'en cesse pas pour autant ses activités, et il devient colon à KOUBA, puis à BIRMANDREIS où il décède le 14 avril 1882. Il avait 63 ans ! C'était mon arrière—arrière grand-pére... qui a amené, tous ou presque tous les arbres, graines, plantes utiles à la VIE tout court.

Appendice :

Auguste HARDY écrit, de1848 à 1878, de nombreuses brochures sur l'agriculture en Algérie et tout spécialement sur la culture du coton et du nopal (nom vulgaire de la même espèce que le cactus).

Il fut collaborateur assidu de la revue mensuelle « Les Annales de la Colonisation Algérienne » fondée par la Cie algériennes, publiées à Paris de 1852 à 1858.

En 1875, il participe à la rédaction d'articles dans le bulletin de la société des agriculteurs d'Algérie. II revendique l'honneur d'avoir le premier planté l'eucalyptus en Algérie.

C'est dans le jardin botanique de Padoue qu'il trouve le mandarinier et a l'heureuse idée de l'importer et le cultiver à titre de curiosité.Il introduit aussi la canne à sucre.

Auguste HARDY par déductions étudiées, arrive à la conclusion que l'Algérie est un pays où on peut cultiver la plus grande variétés de plantes. L'Algérie lui doit beaucoup de reconnaissance. pourtant, il a été méconnu et abandonné à la fin de sa laborieuse existence.

Rappel des dates importantes :
1832 : création Pépinière Centrale
1861 : devient Jardin d'Acclimatation
1867 : concession à la Cie algérienne (49 ans)
1913 : 1er janvier, résiliation de la concession. La colonie reprend l'établissement.

« Ma grand-mère paternelle. Juliette Amélie Dorothée HARDY était la fille de Honoré Auguste Aimé, le 2ème fils de Louis Auguste HARDY, nous précise Mme Marcelline SAMPOL née en 1938 à MAISON-CARREE, fille d'André SAMPOL qui travaillait à EGA rue Denfert Rocherteau à ALGER. Sa maman était couturière. Ils habitaient SAINT EUGENE (angle av. Maréchal Foch et rue Warnier)
Qui pourrait aider Mme SAMPOL :
Sur la recherche de la descendance des autres fils de Louis Auguste HARDY ?
Sur le lieu exact où se situait la ferme de BOUKANDOURA?
Qui a connu le famille HARDY à MAISONCARREE ?
Qui pourrait lui dire où se trouve le buste du Dr TRABUT qui était dans le JARDIN d'ESSAI ?
Elle recherche aussi des « dessins » de 1861 des expositions universelles à Paris et Londres.

Mme SAMPOL est en relation avec une personne au JARDIN d'ESSAI à ALGER, qui lui donne des nouvelles, sur la réhabilitation du jardin; "mais ils ont du mal, car le gouvernement algérien ne les aide pas beaucoup... ".