LAVERDURE, STATION ESTIVALE

STATIONS ESTIVALES ALGÉRIENNES
LAVERDURE - AIN-SENNOUR

Les articles que nous avons écrits dans nos deux derniers numéros, au sujet de la difficulté pour les Algériens, n'ayant ni le temps, ni les moyens de se rendre en France, de trouver chez eux un coin où se mettre à l'abri de la chaleur des villes et de leur tintamarre, nous ont valu plusieurs lettres nous signalant des endroits susceptibles de procurer les mêmes avantages thérapeutiques et les mêmes profits moraux que les stations les plus réputées de la Métropole.

Quelques-uns de ces sites sont trop connus de nos lecteurs pour qu'il nous semble utile d'en donner à nouveau une description maintes fois faite, mais il en est d'autres trop ignorés qu'il est nécessaire d'indiquer à tous ceux intéressés par cette question depuis si longtemps à l'ordre du jour et jamais encore résolue.
Tel est le cas de Laverdure et d'Aïn-Sennour. Au centre d'un pays montagneux dont les sommets forment à l'horizon une immense ceinture dentelée, entourés de tous côtés par de vastes forêts dont les arbres séculaires abritent; les petites fraises parfumées, les framboises juteuses et les frêles noisetiers, Laverdure et Aïn-Sennour, respectivement à une altitude de 730 et de 760 mètres, reçoivent tous les jours, à l'heure la plus chaude, la brise de mer par des couloirs qui, en pente douce, s'en vont, passant par la fertile plaine de la Seybouse, jusqu'à la côte bônoise.

Parfois, des journées chaudes, impossibles à éviter même sur les sommets des Alpes ou des Pyrénées, rappellent à l'estiveur l'inclémence de la saison. Mais, par contre, toutes les soirées sont délicieuses et toutes les nuits sont fraîches. On y respire alors un air vivifiant, empli des senteurs de la forêt, qui aiguise l'appétit et redonne aux anémiés, aux fatigués, aux débilités les forces perdues au cours des durs combats livrés pour vivre.

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Afrique illustrée du 17-7-1926 - Transmis par Francis Rambert

mise sur site: juin 2021

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STATIONS ESTIVALES ALGÉRIENNES
LES STATIONS ESTIVALES ALGÉRIENNES
LAVERDURE - AIN-SENNOUR

Les articles que nous avons écrits dans nos deux derniers numéros, au sujet de la difficulté pour les Algériens, n'ayant ni le temps, ni les moyens de se rendre en France, de trouver chez eux un coin où se mettre à l'abri de la chaleur des villes et de leur tintamarre, nous ont valu plusieurs lettres nous signalant des endroits susceptibles de procurer les mêmes avantages thérapeutiques et les mêmes profits moraux que les stations les plus réputées de la Métropole.

Quelques-uns de ces sites sont trop connus de nos lecteurs pour qu'il nous semble utile d'en donner à nouveau une description maintes fois faite, mais il en est d'autres trop ignorés qu'il est nécessaire d'indiquer à tous ceux intéressés par cette question depuis si longtemps à l'ordre du jour et jamais encore résolue.
Tel est le cas de Laverdure et d'Aïn-Sennour. Au centre d'un pays montagneux dont les sommets forment à l'horizon une immense ceinture dentelée, entourés de tous côtés par de vastes forêts dont les arbres séculaires abritent; les petites fraises parfumées, les framboises juteuses et les frêles noisetiers, Laverdure et Aïn-Sennour, respectivement à une altitude de 730 et de 760 mètres, reçoivent tous les jours, à l'heure la plus chaude, la brise de mer par des couloirs qui, en pente douce, s'en vont, passant par la fertile plaine de la Seybouse, jusqu'à la côte bônoise.

Parfois, des journées chaudes, impossibles à éviter même sur les sommets des Alpes ou des Pyrénées, rappellent à l'estiveur l'inclémence de la saison. Mais, par contre, toutes les soirées sont délicieuses et toutes les nuits sont fraîches. On y respire alors un air vivifiant, empli des senteurs de la forêt, qui aiguise l'appétit et redonne aux anémiés, aux fatigués, aux débilités les forces perdues au cours des durs combats livrés pour vivre.

Quelque temps de séjour dans ces contrées privilégiées, la force revient, les muscles se développent, l'organisme assimile mieux, la nourriture profite ; une transformation heureuse s'opère, qui a fait dire au docteur Graziani :

Air pur, eau fraîche, pays sain
Fait désespoir du médecin..,

" Je crois, ajoute le praticien, avoir en ces deux vers donné une idée exacte du climat de Laverdure. "
Et pour terminer, il dit encore :
" Pas de paludisme, pas de moustiques ; les épidémies y sont inconnues. "

A ces avantages si appréciables déjà, il convient d'ajouter que ces deux centres se trouvent sur la grande ligne ferrée Alger-Tunis et sont desservis soit sur Guelma-Constantinre, soit sur Tunis.

D'autre part et en dehors des promenades agréables aux alentours immédiats, on y peut organiser de très jolies excursions peu pénibles, exemptes de fatigues. Par exemple, le Kef-el-Goléa, dont le sommet se trouve à 943 mètres d'altitude. On y accède par un chemin forestier fort bien entretenu, passant presque toujours sous bois. L'arrivée sur le plateau ménage un spectacle féerique. Les mamelons tout proches sont vêtus du lourd manteau vert de la forêt; derrière eux, les collines chauves forment une première ceinture violette, puis, tout à l'horizon, les montagnes d'un bleu foncé, presque noir, se détachent sur un ciel d'azur.
D'un autre côté, la plaine de Bône étale la symphonie verte de ses vignes jusqu'aux sables fauves du rivage.

Partout, la végétation est luxuriante ; tout, n'était la limpidité éblouissante du ciel, ferait croire à une contrée de la douce et belle France.

On peut également aller au chemin des Soupirs qui longe, pendant plusieurs kilomètres, un joli ruisseau murmurant au fond d'une gorge ombragée. II y a encore les forêts du Fedj-Macta, de Ras-Radjel et de Roissy-aux-Rois, Aïn-Sennour et ses glacières (1.300 mètres), les grottes de Sidi-bou-Chaïb, etc..

Un seul inconvénient entrave le développement de ces stations, si richement dotées par la nature : c'est l'insuffisance des locaux. Un Comité local vient de se constituer, sous les auspices de M. Merle des Isles, administrateur de La Séfia, dans le but de créer précisément un établissement estival moderne, présentant tout le confort désirable, sans cependant atteindre au faste, qui doit être éliminé de ces petits centres auxquels il faut conserver un aspect modeste, gai.

Il est à souhaiter, pour l'avenir de ce charmant pays, qu'il se trouve une personne d'initiative capable d'entreprendre cette tâche, vouée à un succès certain.
Ainsi serait réalisée l'idée souvent émise par les habitués de cette région, qui s'étonnent, à juste titre, qu'on n'ait pas encore aménagé, d'une façon moderne, ces stations si bien favorisées, souvent comparées, pour leur beauté verdoyante et pour la pureté de leur air vivifiant, aux plus beaux sites d'Auvergne ou de Savoie.
Voici, d'autre part, des renseignements utiles sur ces deux centres :

Laverdure. - Altitude : 730 metrés. Siège de la commune mixte de La Séfia ; gare sur la voie ferrée Alger-Tunis ; sur la route nationale Bône - Souk-Ahras ; à 18 kilomètres de Souk-Ahras et à 80 kilomètres de Bône. Médecin, Recette des Contributions, Infirmerie, Poste, Télégraphe, Téléphone.

Aïn-Sennour. - Altitude : 760 mètres. A 7 kilomètres de Laverdure, sur la même route Bône - Souk-Ahras ; gare sur la voie ferrée Alger-Tunis ; à 11 kilomètres de Souk-Ahras et 87 kilomètres de Bône. Source d'eau minérale (alcaline bicarbonatée). Établissement de Roissy-aux-Bois, Poste, Télégraphe, Téléphone.
Dans les deux centres, des lots à bâtir sont cédés gratuitement avec exonération d'impôts pendant dix ans.

Pour tous renseignements à ce sujet, s'adresser à M. le Président du Syndicat d'Initiative, à Laverdure.