Alger, le lycée Bugeaud
Esplanade ou place Bab-el-Oued
Au 36, place Bab-el-Oued
Les grands bains parisiens (recto - verso)
Propriétaire : EE.Ferillon
mise sur site : mars 2016
3°/ Rue Bab - el -Oued
dans le cercle rouge, à droite. Merci Francis

4.-
Les grands bains parisiens
Afrique du nord illustrée du 29-3-1924 - Transmis par Francis Rambert
*** La qualité médiocre des photos de cette page est celle de la revue. Nous sommes ici en 1924. Amélioration notable plus tard, dans les revues à venir. " Algeria " en particulier.
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TEXTE COMPLET SOUS L'IMAGE.
Fév.2021

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Echo d'Alger du 21-8-1921 - Transmis par Francis Rambert
Les grands bains parisiens
Echo d'Alger du 7-8-1921 - Transmis par Francis Rambert
Les grands bains parisiens

Echo d'Alger du 1-8-1922 - Transmis par Francis Rambert
bains parisiens

Les grands bains parisiens
Les grands bains parisiens
UN GRAND ÉTABLISSEMENT DE BAINS A ALGER
Les Bains Parisiens.

L'utilité de l'hygiène n'a pas besoin d'être démontrée et elle a été, en effet, comprise de tout temps. On ne peut douter, en particulier, que l'usage de se baigner ne soit très ancien, car cet usage est fondé sur des besoins, qui ont commencé avec la vie même de l'humanité : entretenir la propreté du corps, le défendre des chaleurs excessives et le délasser de ses fatigues. Aussi les annales historiques qui remontent à la plus haute antiquité nous ont-elles transmis d'intéressants détails sur cette coutume. Les filles du Pharaon se baignaient dans le Nil, la princesse Nausica, fille du roi des Phéniciens, se plongeait tons les jours dans l'eau claire d'une fontaine et Hélène se livrait fréquemment, dans l'Eurotas, au milieu de ses compagnes, au plaisir de la. natation. Les Perses et les Égyptiens paraissent avoir été les premiers à élever des établissements publics, et l'histoire rapporte qu'Alexandre, entrant dans la salle de bains de Darius, s'écria en voyant le luxe qui y régnait : " Est-ce au sein d'une telle mollesse que l'on peut commander à des hommes".

De l'Asie, l'usage des bains se répandit en Grèce et il passa tellement dans les mœurs de ce peuple que le bain y était une des obligations de l'hospitalité.
Homère, qui parle très souvent des bains, fait raconter ainsi à Ulysse la réception que lui lit la magicienne Circé, dans son palais enchanté : " Une nymphe nous apporta de l'eau, alluma un grand feu et prépara le bain. Aussitôt que j'y fus entré, on versa de l'eau chaude sur ma tête et sur mes épaules, on me parfuma d'essences précieuses, et je n'en sortis que lorsque je ne me ressentis plus de toutes les fatigues et de tous les maux que j'avais souffert ".

Les Romains faisaient également un usage extrêmement fréquent des bains et s'exerçaient à traverser le Tibre à la nage, avant que s'introduisit l'usage des bains publics. Ce fut sous les empereurs que l'on construisit les thermes, édifices immenses et dans lesquels les Romains déployèrent une magnificence digne des maîtres du monde. Aux bains de Caracalla, trois mille personnes pouvaient se baigner à la fois, il y avait seize cents sièges de marbre, ou de porphyre, des baignoires de granit reposaient sur le sol ou étaient suspendues en l'air, de sorte que l'on pouvait prendre son bain en se balançant ; d'immenses portiques, des exèdres ou salles de conversation et des bibliothèques étaient annexés à l'établissement. Des promenades plantées de platanes et de sycomores, des espaces découverts et sablés entouraient les bâtiments et regorgeaient d'une quantité d'objets d'art, bustes, statues, bas-reliefs, mosaïques, etc..

Partout où ils s'établissaient, d'ailleurs, les Romains avaient pour habitude de construire des thermes. On retrouve encore aujourd'hui les débris de ces magnifiques constructions dans toutes les villes mortes d'Algérie et la splendeur de leurs ruines est suffisante pour donner une haute idée de leur importance dans la société antique.

Plus tard, le Christianisme, dans son ardent désir de protester contre le sensualisme païen, affecta le plus profond mépris du corps, dans le but d'exalter l'âme. Le mysticisme érigea alors la malpropreté en acte méritoire. On parut prendre à la lettre cette parole de Salvien : " La maladie du corps est la santé de l'âme ", et de Montalembert, dans son Histoire des momies d'Occident, nous cite comme d'admirables exemples, ces bandes de saints, qui, nus, ne se lavant jamais, laissant pousser indéfiniment leurs ongles, leurs cheveux et leur barbe, ressemblaient à des spectres et se laissaient dévorer le corps, le visage et les lèvres par la vermine.

Cependant le bon sens devait prévaloir sur les exagérations du mysticisme. Bien qu'au moyen âge, l'hygiène publique et privée fut, en général, singulièrement négligée, les relations sociales, le désir de plaire, l'influence bien constatée que les soins du corps exercent sur la santé, la civilisation généralisèrent de plus en plus le goût de la propreté et l'usage du bain.

La science hygiénique a, aujourd'hui, définitivement fait admettre l'impérieuse nécessité des soins corporels. Le bain et les lavages agissent puissamment sur la peau en permettant à la respiration de s'exercer librement et on sait même qu'ils sont, dans leurs diverses variétés, d'un grand secours pour le médecin et très souvent employés en thérapeutique. Ces notions. qui ont pénétré dans toutes les classes de la société, ont amené, de nos jours comme dans l'antiquité, la création d'installations spéciales et publiques où pratiquer l'hygiène.

Certes, quand on se reporte par la pensée aux imposants établissements de bains romains ou orientaux, on est frappé du contraste, que présentent, avec eux, nos bains modernes, mais nos mœurs s'accommoderaient mal avec les pratiques parfois efféminées de l'antiquité et surtout nous avons moins de loisirs dans une société où, suivant la formule, le temps est de l'argent. D'ailleurs, si nos installations son! moins luxueuses, leur agencement et leur outillage arrivent, dans les plus récentes, à être pour ainsi dire parfaits et à répondre entièrement à tous nos désirs.

Au nombre de ces établissements perfectionnée, il convient de signaler aux Algérois Les Grands Bains Parisiens, une maison fondée en 1870, mais qui vient d'être transformée avec les plus heureuses modifications. Son nouveau propriétaire, M. Nicolas Caccuitolo s'est, en effet, spécialement attaché à offrir à sa clientèle non pas un luxe inutile et tapageur, mais une décoration de bon goût et l'ensemble de ces aménagements qu'on est convenu d'appeler le confort moderne.

Les cabines, au nombre de 30 et d'une propreté méticuleuse, sont claires, vastes, bien aérées et l'eau coule à volonté, au gré du client. Certaines sont à deux baignoires et six mieux aménagées encore sont dites de luxe.

Cet établissement comprend également des cabines de douches à eau chaude et eau froide, une salle de massage avec lits de repos et ,enfin, un immense local où se trouvent réunis les appareils d'hydrothérapie les plus perfectionnés : caisse de sudation moderne pour traiter les rhumatismes, les douleurs arthritiques, la sciatique, etc., bain de siège, etc..,etc.. En plus du personnel ordinaire très bien stylé, d'excellents pédicures, masseurs ou masseuses sont, bien entendu, à la disposition de la clientèle

L'une de nos photographies permet d'admirer un superbe jardin d'hiver où, après un bain un peu prolongé, l'on peut se reposer agréablement, de sa légère lassitude. L'on peut même, grâce à un service de restauration de tout premier ordre, s'alimenter légèrement, si on le désire, en thé, chocolat, etc..

Tels sont succinctement décrits, ces bains modèles. Il convient de féliciter leur distingué propriétaire de n'avoir rien négligé et d'avoir fort bien fait les choses.
Soulignons, pour terminer, la situation de ces Grands Bains Parisiens au centre de la ville et à un arrêt du tramway. Elle complète la série des nombreux avantages que cet établissement assure à ceux qui en sont les habitués.