le musée maréchal Franchet d'Espérey
UN MUSÉE GRÉVIN ALGÉROIS : LE MUSÉE FRANCHET D'ESPÉREY
Une première reconstitution vient d'être réalisée par le commandant MARTIN
LE PAVILLON DU COUP D'ÉVENTAIL RESTAURÉ DANS SON AUTHENTICITÉ
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La place du Gouvernement baignée de soleil ; la grande mosquée - mais sans son horloge - ; les façades éblouissantes des maisons mauresques et les terrasses escaladant la vieille ville...

De nombreux personnages en jaquette, redingote et hauts de forme, accompagnés de femmes élégantes aux jupes longues à volants, aux coiffures emplumées, se sont mêlés à la foule indigène, beaucoup plus colorée, qui se presse derrière le cordon du service d'ordre.

Les " lignards " aux uniformes rutilants contiennent, de leurs larges épaules cet assaut pacifique. Devant eux, sur deux rangs, les tambours de la Garde et leur majestueux tambour-major à la tunique barrée des aiguillettes d'or, coiffé d'un immense shako surmonté d'un opulent plumet tricolore. La jugulaire en métal doré encadre dans un visage martial, la barbiche à " l'Impériale " et les grandes moustaches cirées.

Au centre, des personnages importants et des chefs arabes majestueux entourent avec respect un maréchal de France : Thomas Robert Bugeaud de la Piconnerie, duc d'Isly et gouverneur général de l'Algérie.


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Echo du14-5-1952 - Transmis par Francis Rambert
oct.2023

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UN MUSÉE GRÉVIN ALGÉROIS : LE MUSÉE FRANCHET D'ESPÉREY--
UN MUSÉE GRÉVIN ALGÉROIS : LE MUSÉE FRANCHET D'ESPÉREY
Une première reconstitution vient d'être réalisée par le commandant MARTIN
LE PAVILLON DU COUP D'ÉVENTAIL RESTAURÉ DANS SON AUTHENTICITÉ
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COUP D'ÉVENTAIL RESTAURÉ DANS SON AUTHENTICITÉ

La place du Gouvernement baignée de soleil ; la grande mosquée - mais sans son horloge - ; les façades éblouissantes des maisons mauresques et les terrasses escaladant la vieille ville...

De nombreux personnages en jaquette, redingote et hauts de forme, accompagnés de femmes élégantes aux jupes longues à volants, aux coiffures emplumées, se sont mêlés à la foule indigène, beaucoup plus colorée, qui se presse derrière le cordon du service d'ordre.

Les " lignards " aux uniformes rutilants contiennent, de leurs larges épaules cet assaut pacifique. Devant eux, sur deux rangs, les tambours de la Garde et leur majestueux tambour-major à la tunique barrée des aiguillettes d'or, coiffé d'un immense shako surmonté d'un opulent plumet tricolore. La jugulaire en métal doré encadre dans un visage martial, la barbiche à " l'Impériale " et les grandes moustaches cirées.

Au centre, des personnages importants et des chefs arabes majestueux entourent avec respect un maréchal de France : Thomas Robert Bugeaud de la Piconnerie, duc d'Isly et gouverneur général de l'Algérie.

Pour un peu on entendrait le roulement des tambours et la sonnerie des cuivres...

Mais que font donc ces personnages figés dans une scène qui semble marquer un moment solennel ?

Nous sommes en septembre 1844 : le président de la-Société agricole de l'Algérie remet en grande pompe au " Père Bugeaud " une épée d'honneur portant sur sa garde la devise célèbre du maréchal : " Ense et aratro "... par la charrue et par l'épée.
Mais revenons à la réalité... Ne sommes-nous pas devant la première reconstitution, en Algérie, d'une scène historique avec des personnages de cire habillés comme au musée Grévin de Paris ? Elle est l'œuvre du commandant Martin dans une des salles du musée Franchet d'Espérey qu'il dirige avec autant de compétence que d'amour de traditions de l'armée d'Afrique.
En regardant de plus près, on voit que seuls quelques personnages ont été réalisés en cire, grandeur naturelle et habillés de vêtements d'époque. La foule et le décor ont été obtenus par l'artifice d'un très beau diorama dû au talent de M. Raoul Vincent.

Projets d'extension

C'est là un coup d'essai qui vaut un coup de maître et nous ne saurions assez féliciter leurs auteurs.
Mais nous avons appris, au cours de notre visite, que le commandant Martin entend bien ne pas en rester là.. Il a bien voulu nous indiquer quelques-uns de ses projets.

Citons. entre autres : la reconstitution d'un bivouac de tirailleurs et celle d'une scène fastueuse au cours de laquelle, à Versailles, Napoléon III et l'impératrice Eugénie reçurent, l'émir Abd-el-Kader. nouvellement promu commandeur de la Légion d'honneur.
D'autres " tableaux " sont envisagés, nous dit le commandant, mais leur mise en chantier ne sera décidée qu'après un séjour que je dois faire à. Paris et au cours duquel je tacherai de me procurer les personnages de cire dont j'ai besoin.

Le pavillon du " coup d'éventail " est restauré

En sortant du musée. nous eûmes la surprise de constater que le pavillon du " coup d'éventail " venait, lui aussi, d'être exactement reconstitué par M. Christofle, architecte du Gouvernement général, suivant les plans de M. Georges Marçais, membre de l'Institut, dont la science en matière d'histoire et d'art musulman est universellement reconnue. *
" Mais alors, mon commandant, l'ancien pavillon n'était donc pas d'origine ? " demandons-nous au commandant Martin.
" L'ancien pavillon, nous répond notre guide, avait été restauré à l'occasion des fêtes du centenaire de l'Algérie, mais comportait de nombreuses erreurs. "

Voilà. donc qui est fait - et bien fait - et nous ne saurions mieux conclure que par cette invitation à nos concitoyens et aux nombreux touristes :

" Algérois retournez voir le musée Franchet-d'Espérey vous ne le reconnaîtrez plus et il vous procurera la satisfaction de vous replonger pour quelques instants, dans le souvenir très émouvant d'un passé algérien lourd d'histoire et de gloire.