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mise sur site le 13-01-2004
-Le Sahara, terre stérile, désert entre les déserts

Tiré d'une documentation éditée( en 1957??) par le Service de l'Information , Gouvernement Général de l'Algérie
40 pages, 18 photos, 1 carte(permis de recherches d(hydrocarbures en Algérie)
Dépôt légal B 4750 - Imp.Georges Lang - Paris
Document transmis par Jean Soler
Miracle pour les uns, mirage pour les autres, le Sahara n'est rien autre chose que l'occasion pour la France d'accomplir une oeuvre dont les résultats seront à la mesure des efforts, des sacrifices et du courage de ceux qui sauront l'accomplir et surmonter les difficultés que la persévérance des hommes peut seule lever à la longue du temps.

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Introduction

------Le Sahara, terre stérile, désert entre les déserts, sera-t-il un jour terre d'abondance? Cet immense territoire oublié qui était pour la conscience commune, un des derniers refuges du merveilleux, est devenu, en l'espace de quelques années, le monde où la technique la plus moderne exerce ses audaces.
Il y a là matière à enflammer l'imagination des plus sages.
------On a voulu ici établir seulement, au risque de décevoir, le bilan des réalisations effectives et des promesses sûres.
------Que des hommes aient pu, avec la conscience claire des difficultés à surmonter et souvent contre toute apparence, soutenir de toutes leurs forces que le Sahara serait un jour ce qu'il est aujourd'hui et ce qu'il peut être demain, que d'autres, jour après jour et obscurément, aient consacré leur peine, leur énergie et leur savoir à mener à bien cette tâche ingrate, tel est le miracle, si miracle il y a.
------Et la réussite est venue comme de surcroît...

l'organisation administrative

------Les territoires du Sud Algérien ont été créés en 1902. Le Statut de l'Algérie du 20 septembre 1947 a décidé la suppression du régime spécial auquel ils étaient soumis et prévu leur réorganisation. Jusqu'à ce que celle-ci soit accomplie, ils restent placés sous l'autorité directe du Gouverneur Général de l'Algérie qui y exerce les attributions de Préfet.
------Le Sahara Algérien est divisé en quatre Territoires militaires, qui ont à leur tête un Officier supérieur, représentant le Gouverneur Général : Territoire d'Ain Sefra (Chef-lieu : Colomb-Béchar), Territoire de Ghardaia (Chef-lieu : Laghouat); Territoire de Touggourt (Chef-lieu : Touggourt) et Territoire des Oasis (Chef-lieu : Ouargla). Ces circonscriptions sont à leur tour divisées en _Communes Mixtes ou Indigènes qui ont à leur tête un Administrateur des Services Civils d'Algérie ou un Officier des Affaires Sahariennes, le Chef d'Annexe.
------Le Chef d'Annexe est le Président de la Commission municipale, composée de membres élus au suffrage universel et des Présidents de djemaâs.
------L'extension aux Territoires du Sud de la réforme administrative départementale et communale, qui vient d'être réalisée dans l'Algérie du Nord, est à l'étude. Les nouvelles dispositions interviendront à bref délai.

Les données naturelles

-------Les territoires du Sud prolongent l'Algérie de l'Atlas Saharien jusqu'au Sahel Soudanais et s'étendent d'Est en Ouest, de la frontière du Rio de Oro à la Lybie.
-------Cette immense contrée couvre une superficie de 2 171 800 km2, soit quatre fois la France, et 86% de la surface totale de l'Algérie; la population ne dépasse pas 825 000 habitants.
-------Le désert en constitue, en effet, la majeure partie, la lisière septentrionale étant le domaine de la steppe. Cette unité administrative ne représente toutefois qu'une fraction du Sahara Français (4 millions 300 000 km,) artificiellement écartelé entre l'Algérie, l'A.O.F. et I'A.E.F. En dépit de la pluralité des ressorts administratifs, ce grand désert constitue un tout.

Un pays aride...
-------Le Sahara s'inscrit dans la zone des déserts qui jalonnent le globe à la hauteur des Tropiques, zones de hautes pressions. Etant donné l'extension du continent africain à cette latitude, il n'est pénétré profondément ni par les pluies d'hiver de la région méditerranéenne, ni par les pluies tropicales d'été.
-------L'isohyète de 300 millimètres constitue la limite septentrionale de la steppe, tandis que l'isohyète de 100 mm (M'Raier, Tilrhent, Figuig) constitue la limite méridionale de la steppe et la limite septentrionale du Sahara.
-------Encore les précipitations sont-elles au Sahara très irrégulières et le cycle des pluies s'étend-il sur plusieurs années. À Ouargla, les précipitations ont été de 618 mm pour une année et de 0 mm pour l'année suivante; à Tamanrasset pour une année 159 mm; pour une autre 6 mm 4. Compte non tenu de quelques pluies insignifiantes, la durée maxima des périodes sèches est partout supérieure à 20 mois.
-------L'aridité est encore accrue par des températures élevées en été (55°4 Timimoun), aux grandes amplitudes en hiver (Tamanrasset : moyenne de janvier 11°7 - minimum absolu : 6°6) et par la siccité de l'atmosphère qui provoquent une évaporation intense.
-------Au Sahara, l'eau conditionne la vie; or, l'eau de surface est rare.

...Vide d'hommes
-------" Le Sahara ", écrit R. Capot Rey, est le morceau du continent le plus voisin du désert absolu ". La notion de densité de population n'y a aucune valeur (1200 h/km2 dans les palmeraies du Djerid, 0 entre le Djerid et le Souf). Cependant, la population des Territoires du Sud augmente rapidement depuis la pacification française. En 1954, date du dernier recensement, on comptait 822 413 habitants (Ain Sefra : 264 886; Ghardaia : 214 467; Touggourt 282 901 ; Oasis : 60 159) dont 15 822 européens seulement (la moitié environ fixée dans le sud oranais).
-------Berbères, Arabes et éléments de couleur composent le fond de cette population en général fortement métissée dont 60% environ mènent une vie sédentaire, les autres pratiquant le nomadisme. Ni les genres de vie, ni les caractères physiques ne peuvent servir de base à une distinction sérieuse entre les populations blanches.
-------En effet, tous deux Berbères, le Targui nomade, grand, élancé et le M'zabite sédentaire,petit et trapu, n'ont de parenté que linguistique.
-------Le critère le plus valable demeure donc le critère linguistique surtout lorsqu'il s'appuie sur l'existence d'une civilisation particulière.Il permet de localiser les arabophones dans le Piémont saharien, les ergs, les oasis de la Saoura, du Touat, du Tidikelt, du Souf et dans la majorité de celles de l'Oued Rhir; les berbérophones, dans les oasis du M'Zab, du Gourara et d'une partie de l'Oued Rhir; à ce groupe ressortissent en outre l'ensemble des tribus touareg qui occupent le massif du Hoggar et s'étendent au Nord jusqu'à In Salah, Fort Flatters et Ghadamès.
-------Les populations de couleur, sédentaires dans la majorité des cas, groupent des nègres originaires du Soudan et dont la proportion s'accroit du Nord au Sud (4% à Ghardaïa, 50% au-delà du Tidikelt) et des haratins qui seraient les restes de la population autochtone, et qui, en général, cultivent les palmeraies pour le compte d'un propriétaire berbère ou arabe dans tout le Sahara, sauf dans le Souf et l'Oued Rhir.
-------La pacification et l'apparition des moyens de transport modernes ont porté atteinte aux structures traditionnelles fondées sur la prééminence sociale des nomades sur les sédentaires. Les premiers, qui ont perdu à la fois leur puissance et leur prestige, tiraient leurs ressources du pillage, du monopole des transports que leur assurait la possession des chameaux, des redevances que leur versaient les sédentaires des oasis qui se sont progressivement émancipés. Partout, le nomadisme est en régression.
-------Certains d'entre les nomades se mettent à la culture, rachetant des troupeaux dont ils confient la garde à des bergers; les autres, inadaptés, sont à la recherche d'un emploi. Les sédentaires, aussi bien que les nomades, ont recours à l'émigration vers les Territoires du Nord où ils peuvent trouver un emploi dans les mines de la zone pré-saharienne, les exploitations d'alfa, etc. Mais c'est vers l'Algérie du Nord et la Métropole que se dirige le plus grand nombre des travailleurs en provenance du Souf, d'Ouled Djellal, d'Ain Sefra.
-------Variable selon les régions, l'émigration est en général temporaire. Toutefois l'émigration des M'Zabites vers les villes du Tell, où ils s'adonnent au commerce, qui leur assure un supplément de ressources leur permettant d'entretenirr leur famille demeurée au M'Zab, mérite une place à part.
-------L'amélioration des conditions d'existence de ces populations a été l'objectif de l'administration algérienne. Développement des techniques d'irrigation, reconstitution des parcours et des sols, éducation des fellahs et des pasteurs, dans le cadre des organismes du Paysanat, (S. A. R. et S. A. P.), telles ont été, sur le plan de la rénovation de l'économie traditionnelle, les solutions apportées.

Un relief tabulaire
-------Le relief du Sahara en traduit fidèlement la structure : un bouclier de roches cristallo-métamorphiques, depuis longtemps consolidé, aplani par l'érosion et qui n'émerge de sa couverture de sédiments que dans le Sahara Central (Massif du Hoggar) et le Sahara Occidental (Massif des Eglab); des sédiments d'âge primaire, le plateau gréseux et schisteux du Tassili des Ajjer notamment, secondaire, les grès du crétacé inférieur riches en eaux souterraines, et tertiaire, formations continentales d'origine détritique constituant les hammadas, grands plateaux pierreux et les buttes ou " gours ". L'endoréisme explique la prédominance des plaines, cuvettes plus ou moins étendues et profondes (sebkhas et dayas), normalement à sec. Les éléments constructifs du relief sont avec ces bassins fermés, les " regs " et les " ergs ".
-------Les " regs ", plaines de sables balayées Far le vent, offrent lorsqu'ils reposent sur des couches dures, une assise solide aux routes et aux voies ferrées, ainsi que des terrains de secours à l'aviation. Mais ce sont les dunes qui, bien que le sable ne couvre qu'un cinquième de la superficie du Sahara français, caractérisent le désert. Les " ergs ", vastes champs de dunes, accumulées par le vent, recouvrent les zones déprimées et constituent des obstacles à la circulation.
-------La structure et l'histoire géologique du Sahara en déterminent la vocation économique.

D'immenses distances à parcourir
-------En effet, la prédominance des plaines laisserait à penser que la circulation est facile au désert. Mais les distances font surgir des problèmes considérables, aggravés par la rareté des points d'eau et l'instabilité du sol sableux.
-------L'introductionau désert du chameau, animal de bât dont la sobriété est légendaire et qui peut parcourir 60 km par jour lorsqu'il n'est pas chargé, et une distance moindre en caravane, bouleversa les conditions de vie au désert et fit la fortune des grands nomades, en apportant une solution à ce problème. Les routes des caravanes d'Est en Ouest et du Nord au Sud, ont au cours des siècles, tracé leur empreinte à la surface du désert qu'elles sillonnaient.
-------Puis vint l'automobile qui permit la traversée du désert en utilisant tous les terrains, sauf les roches et les dunes et en échappant à la tyrannie des points d'eau. L'administration française s'est efforcée d'employer les moyens de la technique moderne à résoudre le problème des transports.

Un sous-sol riche en ressources minières...
-------L'inventaire des ressources minières et des réserves aquifères du Sahara Algérien a été dressé par l'Administration algérienne. Les espoirs suscités par les récentes découvertes sont le résultat de recherches et d'efforts obstinés.
-------À la période des explorations et des missions de reconnaissance, a succédé, après la pacification de cette terre, l'ère des prospections menées malgré les difficultés qu'entraînaient le climat et l'éloignement.
-------Dès les premiers temps de l'occupation française, le colonel Laperrine associa étroitement l'exploration géologique aux reconnaissances géographiques. Après la guerre 1914-1918, des géologues entreprirent des études plus systématiques. Notamment, les recherches de Conrad Kilian au Sahara Central (1921-1923 et 1927-1929) et celles de M. Menchikoff au Sahara Occidental (1924-1928) jetèrent les bases de la géologie du Sahara.
-------En 1941, fut constitué le " Service géologique du Méditerranée-Niger ". En même temps, le Service des recherches minières de l'Algérie entreprenait des missions de prospection au Sahara et en collaboration avec le Service de la Carte Géologique, l'étude détaillée du bassin houiller de Béchar-Kenadza.
-------Interrompues par la guerre, les recherches ont été reprises après 1946. À l'heure actuelle, le Sahara algérien est la région d'Afrique la mieux étudiée au point de vue géologique. La recherche systématique des ressources- du sous-sol est facilitée notamment par la localisation des zones, où leur existence peut être envisagée, ce qui ne manque pas d'être précieux étant donné l'immensité de ces régions. Ainsi ont pu être déterminées de façon sûre, les zones de recherches de pétrole et celles où des minerais peuvent être prospectés.
-------Les campagnes de photographie aérienne stéréoscopiques réalisées depuis 1949 ont facilité la préparation des recherches pétrolières et minières.
-------Ainsi, a-t-il été possible de dresser l'inventaire des ressources du sous-sol dont la variété n'est pas négligeable.
-------Les territoires du sud comportent 480 000 km2 de terrains précambriens où l'on peut espérer trouver des gisements de plomb, de cuivre, ou de zinc et de minerais pouvant supporter des frais de transport élevés comme l'étain, le wolfram, le niobium, le tantale, le platine et les minerais radioactifs; 329 000 km2 de terrains primaires contenant du plomb, du zinc, cuivre, manganèse et fer, susceptibles d'être exploités et 740 000 km2 de terrains de couverture enfermant du pétrole, du manganèse, du soufre, de la potasse et des nitrates...

... et recélant des eaux souterraines
-------Le service de l'hydraulique et de la colonisation s'est attaché à établir l'inventaire des ressources aquifères du Sahara algérien et s'efforce de résoudre le problème de l'eau dans ce territoire dont le sous-sol semble recéler d'importantes nappes souterraines.

Les ressources agricoles et l'élevage

Le milieu
-------Les Territoires du Sud Algérien constituent une immense contrée dont le climat est caractérise par une faible pluviosité qui décroît du Nord au Sud.
-------Ces Territoires de plus de 2 millions de km' se divisent en deux zones
-------La Steppe au Nord, comprenant la partie méridionale des Hauts Plateaux, l'Atlas Saharien et la région des Dayas. Les précipitations annuelles qui n'y atteignent que 300 m/m vers la limite septentrionale, se réduisent dans la partie méridionale à 100 m/m, l'isohyète presque rectiligne qui passe par M'Raier, Tilrhempt et Beni-Ounif, marquant la limite nord du Sahara.
-------Au Sud de cette ligne le Sahara plus aride encore, n'offre qu'une végétation rare ou nulle, qui constitue, dans les parties les plus favorisées, de maigres pacages utilisables seulement par les chameaux et les chèvres.
-------Dans un tel milieu l'irrigation conditionne toute culture. Des plantations n'ont pu être faites que sur les points où l'on a pu trouver de l'eau.

La population
-------L'ensemble des Territoires du Sud compte 823.000 habitants dont une moitié à peu près est sédentaire, et l'autre moitié nomade; mais le peuplement des deux zones, Steppe et Sahara, diffère, dans sa nature, comme dans son comportement.
-------Sur 321 000 habitants de la zone steppique, 220000, sont des nomades de tribus transhumantes, qui s'adonnent à l'élevage et vivent sous la tente. Le reste de la population, est sédentaire, habite des agglomérations (Ksour), et tire ses ressources de l'agriculture et du commerce avec les nomades.
-------À l'inverse, l'élevage extensif des, ovins n'étant plus possible au Sahara, les 430 000 habitants sont pour les deux tiers des sédentaires oasiens, négroïdes d'origine soudanaise qui vivent dans les palmeraies. Le reste de la population est wéstitbé par les grands nomades chameliers. Touareg, Reguibat, Chaamba.

L'élevage
-------La zone steppique est le " Pays du mouton " où l'élevage transhumant des ovins constitue le seul moyen de tirer parti d'une végétation adventice clairsemée en raison d'une pluviométrie insuffisante.
-------Cependant, dans les années favorables, les pasteurs nomades emblavent de petites surfaces (bordures d'oueds, bas-fonds, dayas, susceptibles de collecter les eaux de pluies) mais qui sont en général de faible rendement et n'apportent qu'un appoint alimentaire très réduit.
-------Au début de la saison des pluies, les troupeaux sont conduits vers le sud où ils trouvent subsistance à l'abri des grands froids. Mais au printemps les parcours s'y dessèchent et le bétail doit être ramené dans une migration massive (I'achaba) vers les Hauts Plateaux de l'Algérie du Nord.
-------Des conflits, qu'il a fallu limiter en réglementant " l'achaba ", opposent parfois les nomades aux cultivateurs des Hautes Plaines. En réalité, les pasteurs procurent aux agriculteurs la main-d'aeuvre saisonnière des moissons et bénéficient en contrepartie de la possibilité de paître leurs troupeaux et de constituer tant par glanage que par gain en nature, leurs provisions de céréales.
-------Les parcours sahariens se situent surtout dans les oueds plus ou moins intermittents, dans les vallées et les reliefs montagneux du Centre. Les pâturages sont fonction des pluies qui font croître la végétation annuelle (acheb).
-------La transhumance s'effectue sur des distances considérables, le cheptel se compose surtout de chameaux et de chèvres.
-------Pour améliorer les conditions de l'élevage un vaste programme de multiplication des points d'eau est en cours de réalisation dans le cadre des " Travaux d'initiative communale" (T.I.C.) et du Paysanat. En outre l'aide de l'Association ovine algérienne a mis à la disposition des S.A.R. d'élevage des " trains moutonniers" permettant de ravitailler les animaux sur les lieux de pacage.
-------En vue de la régénération des parcours, l'exécution des programmes de mise en défense de nouvelles surfaces a été entreprise ainsi que la constitution de
réserves fourragères (luzernières, céréales, fourrages irrigués).
-------La lutte contre la soif et la faim s'accompagne d'une action contre la maladie et d'un effort de modernisation. La station expérimentale de Tadmit dans le Sud Algérois et les S.A.R. d'élevage se consacrent à l'amélioration de l'espèce ovine et à la diffusion des pratiques zootechniques applicables aux troupeaux. Le cheptel des Territoires du Sud, s'est élevé en 1956 à 2 164 000 moutons; 196 000 chameaux; et 853 500 chèvres. En outre, dans ces régions on compte 23 000 bovins, 6 000 chevaux, 2 000 mulets et 51 000 ânes.

L'agriculture
-------Non seulement le climat, mais encore les distances, qui imposent des frais de transport élevés, conditionnent l'agriculture dans les Territoires du Sud dont seuls 180 000 hectares sont utilisables.
-------Ne peuvent être exportées avec quelque profit que les marchandises riches, d'une valeur élevée sous un faible poids : dattes de qualité, henné, tabac.
-------Le palmier-dattier reste au Sahara la principale ressource des oasiens.
-------Sur 180 000 hectares de superficie totale cultivable (oasis et zones d'épandages de crues), la surface des palmeraies est de l'ordre de 30 000 ha.
-------Pour l'ensemble des Territoires du Sud, on compte 7 millions de palmiers, dont 5 millions en rapport, produisant annuellement environ 1 million de quintaux de dattes. Seul, le Sud constantinois donne les dattes fines d'exportation, (200 000 quintaux environ, soit un milliard de francs par an).
-------Par ailleurs, la culture des céréales d'été (sorgho, maïs) et surtout d'hiver (blé, orge), pratiquée sous les palmiers ou dans les bas-fonds, varie avec les conditions climatologiques. Dans les meilleures années, les emblavures ne dépassent guère 100 000 ha et ne suffisent pas à assurer l'alimentation des populations. Production annuelle moyenne 300 000 quintaux.
-------Dans les oasis sont également pratiquées des cultures industrielles (tabac Henné) ainsi que des cultures fruitières et potagères.

Ressources naturelles
-------Les nappes alfatières des Territoires du Sud produisent le tiers seulement de la récolte annuelle alors qu'elle s'étendent sur un peu plus de la moitié des steppes d'alfa de l'Algérie.
-------L'alfa joue un rôle économique non négligeable, offrant un appoint de salaires nécessaire à la population nomade de la steppe. L'exploitation en est soumise aux fluctuations du marché d'exportation. Il s'agit donc d'une ressource extrêmement variable et sensible à la conjoncture extérieure.
-------Le tonnage annuel réalisé par les chantiers d'alfa des Territoires du Sud varie depuis 1953 entre 193 000 et 215 000 tonnes.
-------Dans le cadre de l'économie limitée des régions sahariennes, l'action des Services Techniques de l'Agriculture tend à améliorer et à développer les ressources des populations rurales.
-------D'autre part, les Sociétés Agricoles de Prévoyance, par les entreprises du Paysanat, se sont attachées à lacréation de Secteurs d'Améliorations Rurales qui vulgarisent les bonnes pratiques culturales et participent au financement des prêts nécessaires à l'évolution de l'agriculture et de l'élevage.
-------Enfin, le recasement de petits cultivateurs dépourvus de moyens est en voie de réalisation sur de jeunes plantations de dattiers, notamment dans l'oued Rhir. La formation professionnelle agricole a été organisée dans les stations expérimentales de phoeniculture et d'élevage, afin de préparer les cadres nécessaires pour mener à bien l'action entreprise par les Services compétents dans les domaines économique et social.

Le problème de l'eau

-------Comme dans tous les pays arides, l'eau constitue, au Sahara, la condition de toute vie et, par suite, du développement industriel.
-------Pas de cultures sans irrigation, d'élevage sans points d'eau, de transports terrestres sans ravitaillement en eau, d'exploitations industrielles sans eau.
-------La vie s'est concentrée autour des points d'eau, sources artésiennes naturelles, entonnoirs à eau dormante, résurgences qui ont permis l'utilisation des nappes aquifères proches de la surface du sol par le moyen de " foggaras ", galeries souterraines drainant par gravité, l'eau du sous-sol.
-------La prospection de l'eau au Sahara répond à une triple nécessité
-------1° Jalonner les voies de communication de points d'eau de ravitaillement pour l'alimentation humaine et pour les moteurs, ce qui exige de l'eau de bonne qualité, condition qui n'est pas toujours remplie. On utilise dans ce cas des cuves à distillation solaire et un appareillage portatif à échangeurs d'ions dont un modèle d'une capacité de 250 litres vient d'être mis au point.
-------2° Aménager les zones de parcours des troupeaux en points d'eau.
-------3° Irriguer les cultures. Cet objectif conditionne les deux premiers, l'économie saharienne étant fondée sur l'association étroite entre le nomade et l'oasien. Mais la création d'îlots de culture au Sahara exige que l'on dispose à la fois d'eau en quantité suffisante, facilement accessible, et de sol arable.
-------4° Alimenter les exploitations industrielles.
-------Les besoins des forages de prospection de pétrole en eau potable pour l'alimentation du personnel et en eau " industrielle " pour la fabrication de la boue artificielle dans laquelle fonctionnent les " Rotary ", sont importants; aussi le plus souvent l'eau doit-elle être transportée par camions-citernes.
-------En raison de l'aridité du climat, l'eau de surface est rare, si l'on excepte la bordure nord du Sahara plus arrosée. Dans cette région on peut, par des barrages d'épandage, utiliser les crues puissantes et relativement fréquentes des oueds , en vue de la culture des céréales ou établir des barrages-réservoirs sur les oueds régularisés (Barrage de Foum et Gherza).
-------On envisage notamment la régularisation du Guir pour l'irrigation de la plaine d'Abadla dans la région de Colomb-Béchar et du M'zi qui amène dans le nord du Bas-Sahara les eaux tombées sur le Djebel Amour.
-------Dans les grands bassins sahariens, l'eau ruisselante alimente les nappes souterraines. Or, au Sahara, on ne peut compter que sur l'eau du sous-sol, dont l'existence peut corriger dans une certaine mesure, les effets du climat. Les quelques milliards de mètres cubes qui arrosent le grand Erg occidental et le Tanezrouft ne sont pas entièrement absorbés par l'évaporation.
-------La configuration géologique du Sahara a guidé les recherches. Entre les massifs cristallo-métamorphiques du Hoggar et des Eglab et leurs auréoles de sédiments primaires (schisteux et gréseux) où l'on peut trouver de l'eau, s'étendent de vastes bassins secondaires et tertiaires.
-------- Le bassin du Nord-Sahara dont l'altitude décroît d'Ouest en Est où il se termine à 30 m au-dessous du niveau de la mer par les Chotts du Bas-Sahara.
-------- Le Tanezrouft, bordé par le Hoggar, l'Adrar des Iforas et le massif des Eglab.
-------Ces bassins, dont la structure n'a pas été bouleversée et qui présentent, superposées, des couches perméables ou étanches, sont susceptibles de receler des nappes souterraines. Certaines sont exploitées depuis longtemps : région des Ziban, du Souf où les palmiers sont cultivés en cuvettes, de l'oued Rhir, où les nappes fournissent un débit de 5 300 litres/seconde; d'Ouargla.
-------Mais la réserve hydraulique la plus importante est constituée par les grès et sables du " Continental Intercalaire ". dit de l'Albien. Cette formation qui longe le Sud de l'Atlas saharien, de Gabès jusqu'au Sud marocain, constituerait une réserve très importante et, par endroits, aisément exploitable.
-------La nappe " albienne " contient des eaux relativement douces. Presque partout captive, elle est exploitée par pompage au M'Zab, par forages peu profonds à El Goléa et profonds à Zelfana, Guerrara, Tamerna, et Ouargla. Mais s'il y a de l'eau, il n'y a par contre presque pas de sols à irriguer.
-------Après l'exploitation des eaux de surface, des nappes souterraines, on envisage également le recours à la pluie artificielle et le B.I.A. vient de créer une " Société" pour le développement de la pluie provoquée.
-------L'inventaire des ressources hydrauliques du Sahara a été ces dernières années favorisé par les recherches pétrolières. On peut noter qu'en échange c'est un géologue en quête d'eau qui est à l'origine de la découverte du gisement de fer de Tindouf. C'est la démonstration que la collaboration étroite des techniciens de toutes les disciplines est indispensable.


Les réalisations

Les barrages du sud.
-------1. Barrages-réservoirs
-------Foum et Gherza : permet l'irrigation de cinq oasis.
-------2. Épandage de crues et d'infero-flux
-------Tadjmout (Laghouat) irrigue 1 800 ha dont 300 de culture extensive.
-------El Fatha (Laghouat), 5 000 ha de terres pour la culture extensive des céréales.
-------Barrages du Rocher de sel (Djelfa) sur l'oued Mellah et aménagement du périmètre irrigable, soit 5 000 ha utilisés pour la création d'un centre de cultures (céréales et fourrages) et constitueront une réserve pour les troupeaux.
-------3. Régularisation.
-------Milok (Laghouat) : pour la protection des terres contre l'érosion.
-------Une vingtaine de barrages plus ou moins importants ont été créés ou remis en état dans les endroits propres à la culture extensive des céréales.

Hydraulique pastorale et points d'eau.
-------Le programme ayant pour but de jalonner les grands axes de transhumance et d'équiper systématiquement les zones de pâturages steppiques, se poursuit régulièrement. Les points d'eau à moutons sont équipés d'une éolienne lorsque le régime des vents le permet, d'un réservoir de 50 m' et d'un abreuvoir.
Plus de 2 000 puits sont entretenus dans les zones de parcours.

Irrigation des cultures et alimentation des villes.
-------De nombreux puits sont forés chaque année. Dans certaines palmeraies, les terres sont drainées pour évacuer les eaux chargées de sels minéraux et assécher les zones marécageuses.
-------Il faut citer les grands forages d'exploitation des eaux souterraines de Zelfana (I 300 m3/heure), de Guerrara (800 m3/heure), de l'Oued Rhir, etc.
-------Dans l'extrême sud, ont été créés les périmètres expérimentaux d'Adrar, Kerzaz, Igli, Timimoun, alimentés par pompages éoliens.
-------Des réseaux de distribution d'eau potable sont réalisés ou sur le point de l'être dans la plupart des villes du Sud.
-------Le problème que pose l'aridité du Sahara peut, en certaines de ses parties, être résolu grâce à l'existence des réserves d'eau fossile que le professeur Savornin évaluait à 24 000 milliards de m3, auxquels s'ajoute semlon M.Capot-Rey, un apport de 19 000 m3/minute, provenant des infiltrations.
-------On peut donc affirmer que l'utilisation des nappes souterraines est capable de modifier complètement, au prix d'efforts et de dépenses considérables, la géographie économique et humaine du Sahara.

Le problème de la main-d'œuvre


-------Les Territoires du Sud sont encore un pays pauvre; la vie y est rude et les ressources insuffisantes pour satisfaire les besoins des populations qui doivent recourir à l'émigration.
-------Leur équipement, tant dans le domaine économique que dans le domaine social et administratif, a permis d'offrir à la main-d'oeuvre locale des possibilités d'emploi sur les chantiers de travaux publics, de forages et de pistes. Le développement de la prospection minière et pétrolière a également procuré aux populations des ressources supplémentaires.
-------On peut admettre que l'industrialisation plus poussée de ces territoires contribuera à élever le niveau de vie des sahariens et des habitants des franges sahariennes, en élargissant d'une part les besoins en main-d'ceuvre et d'autre part en donnant un nouvel essor aux activités traditionnelles comme laculture et l'élevage dont la rentabilité se trouvera accrue du fait de la proximité de centres industriels.
-------Les données spécifiques de la démographie et des genres de vie au Sahara ne sont-elles pas cependant de nature à freiner cette industrialisation ?
-------Il existe, certes, au Sahara des zones presque entièrement vides d'hommes où les prospections minières et pétrolières ont permis de découvrir des richesses qu'il faudra exploiter.
-------Mais les progrès de la technique et l'utilisation des engins mécaniques permettent de ne faire appel qu'à une main-d'oeuvre peu importante, d'autant que dans les pays arides, où les conditions de travail sont particulièrement épuisantes, on s'efforce de réduire au maximum l'effort imposé aux hommes. Par ailleurs, l'avion facilite le ravitaillement.
-------L'exploitation des gisements situés dans les zones les plus déshéritées (celui du Gara-Djebillet, par exemple, n'exigerait qu'un personnel de 300 unités) ne se heurte donc pas à une impossibilité majeure. Se pose également le problème de l'aptitude des populations au travail de la mine. L'exemple des exploitations minières du Sud-Oranais, qui recrutent une partie de leur main-d'oeuvre parmi les nomades et les sédentaires de la région, permet de conclure que les uns et les autres s'adaptent facilement à cette nouvelle condition, fait remarquable notamment chez les nomades que leurs traditions et leur genre de vie éloignaient le plus de cette activité. Il est vrai que la mine leur offre la possibilité de s'assurer des ressources sans tomber sous la dépendance de leurs anciens vassaux, les sédentaires des oasis.
-------La fixation des nomades et des sédentaires à la mine n'est en règle générale que temporaire, les uns et les autres rachetant, lorsqu'ils disposent d'économies suffisantes, des palmiers ou des troupeaux et regagnant leurs villages ou leurs campements, remplacés par d'autres qui vont faire un séjour à la mine pour accroître leurs ressources.
-------" En milieu nomade comme en milieu sédentaire, écrit G. Salvy, la mine n'apparaît pas comme un élément de dissociation sociale. Bien au contraire, avec le système de la famille patriarcale, elle a un rôle de régulateur, de "volant", dans le budget familial. "
-------S'ils sont susceptibles de s'adapter au travail de la mine, comme l'a prouvé l'expérience du Sud algérien et marocain, les habitants des Territoires du Sud ont également un rendement satisfaisant et peuvent, une fois reçue la formation nécessaire, accéder aux travaux spécialisés et aux cadres de maîtrise.
-------Aussi était-il indispensable d'entreprendre un effort sérieux dans le domaine de la formation professionnelle. -------Des centres ont été créés à Colomb-Béchar, Ain-Sefra, Djelfa, Laghouat, El Goléa, Ouargla, où est formée la main-d'oeuvre spécialisée que réclament notamment les entrepreneurs de travaux publics et les exploitants pétroliers.

Le problème des transports

-------Les conditions sévères de la vie au Sahara, la dispersion des centres de production, la consistance du sol, le climat, la rareté des points d'eau et l'importance des distances à .franchir ont rendu malaisée la solution du problème des transports.
-------L'automobile révolutionne les transports au Sahara et suscite la création d'un réseau routier adapté aux exigences du trafic et aux conditions spéciales du désert.
-------Dès 1932, par des essais tentés sur la piste Touggourt-Ouargla, on se rendit compte que les revêtement spéciaux à liant hydro-carboné supportaient les températures les plus hautes (80°), que le sable offrait une assise solide à condition d'être maintenu latéralement, et qu'une route construite selon une technique appropriée pouvait résister pendant plusieurs années à un trafic de 400 t. par jour. Mais le prix de revient du kilomètre de route est très élevé.
-------D'autre part, l'entretien incessant des pistes, coupées par les crues des oueds, ensablées après chaque tempête, présentant très rapidement une surface en " tôle ondulée " si le sol est hétérogène constitue une lourde charge.
-------À l'heure actuelle, le réseau routier des Territoires du Sud comprend
-------1° les sections de routes nationales d'une longueur de 831 km (dont 382 km bitumés);
-------2° un réseau de pistes principales, qui atteint 12516 km (dont 530 km bitumés) ;
-------3° un réseau de pistes d'intérêt secondaire sans chaussée ni revêtement d'une longueur de 13.350 km.
-------Le réseau des pistes principales comprend sur le territoire algérien, trois grandes pistes pénétrantes par le Tanezrouft, par le Hoggar, les Ajjers; les transversales assurant la liaison entre les axes sahariens ou les centres importants, enfin des pistes de liaison avec les pays limitrophes.

Axes transsahariens
-------1 ° La piste transsaharienne occidentale de Colomb-Béchar à Gao (I 380 km) par Béni-Abbés, Adrar, Reggan et Bidon V (axe saharien n° 2 dont la section algérienne va jusqu'à Bordj-le-Prieur).
-------2° La piste transsaharienne centrale du Hoggar (axe saharien n° 3) Section algérienne comprise entre Lagifouat et Inguezzan (2 100 km) par Ghardaia, El-Goléa, In Salah, Arak, Tamanrasset;
-------3° La piste transsaharienne des Ajjers (axe saharien n° 4) de Biskra, à la frontière algéro-lybienne par Touggourt, Ouargla, Fort-Lallemand, Fort-Flatters, Ohanet, Fort-Polignac, Djanet, Atikine, Tin Alkacem (2170 km).
-------Différents services civils et militaires assurent les travaux d'entretien et d'amélioration sur les pistes principales.
-------La circulation de camions lourds (20 à 40 tonnes) et rapides, chargés du transport du matériel pour les sondages, nécessite, en raison de son intensité, une constante remise en état des itinéraires parcourus. Les pistes sont les seules artères du désert.

Les voies ferrées
-------II n'existe pas encore de voie ferrée qui traverse complètement le Sahara. Cependant, quelques lignes s'enfoncent plus ou moins profondément dans le désert. -------Le réseau des chemins de fer des Territoires du Sud comprend
-------1° la ligne à voie normale du Méditerranée-Niger, qui d'Oujda se prolonge à 91 km au sud de Colomb-Béchar à Abadia sur l'oued Guir, amorce de la section Béchar-Adrar;
-------2° un réseau à voie étroite exploité par l'Administration des chemins de fer algériens et qui comprend
-------Sud oranais: la section Bou-Ktoub-Colomb-Béchar-Kénadza (de la ligne Oran-Kénadza)
-------Sud algérois: la section Hassi-Bahbah-Djelfa (de la ligne Blida-Djelfa);
-------Sud constantinois: la ligne Biskra-Touggourt (avec sa dérivation sur El Oued).
-------L'insuffisance du réseau s'explique par le problème d'infrastructure et de traction que pose l'installation d'une voie ferrée dans une région désertique. Différents moyens sont employés pour prévenir le danger d'ensablement. Par ailleurs, la traversée des oueds se fait sur des radiers en maçonnerie ou des gabions. Le problème de la traction a été résolu par l'emploi de la locomotive Diesel électrique qui n'a pas besoin d'eau et fabrique son courant.

Les lignes aériennes
-------C'est évidemment l'avion qui est le meilleur moyen de transport en milieu désertique. Les premières liaisons aériennes régulières furent assurées par l'aviation militaire à laquelle se substitua peu à peu l'aviation commerciale.
-------Mais pour permettre aux avions commerciaux l'accès des terrains, simples plates-formes d'atterrissage simplement balisées aux angles, il a fallu procéder à l'installation d'une infrastructure répondant aux exigences de la sécurité.
-------Dès 1948, l'étude méthodique de chaque aérodrome a été entreprise ; c'est au cours de l'année 1951 seulement que le trafic aérien est devenu régulier sur la plupart des aérodromes, grâce aux lignes d'Air France. L'année 1952 a donc marqué le début réel de l'équipement aéronautique du Sahara.
-------À l'heure actuelle, les aérodromes de Tamanrasset, Ouargla, Adrar, El Golea, Touggourt, ln Salah et Aoulef sont ouverts au trafic des D.C.4 et des Bréguet-deux-Ponts.
-------L'équipement des aérodromes sahariens se poursuit. À Colomb-Béchar est prévu l'implantation d'un aérodrome civil répondant aux besoins industriels et commerciaux de la région. L'année 1955 a été marquée par la réorganisation du réseau saharien et la mise en place du Pool " Air France-C.G.T.A-Air-Algérie ".
-------La progression très sensible du trafic passagers et fret, justifie la création du réseau aérien saharien et l'effort consenti à l'équipement des aérodromes du Sud algérien.
-------Des lignes régulières relient
-------Alger et Oran à Colomb-Béchar;
-------Alger à Ghardaïa, El Golea, Timimoun, Adrar, Aoulef, In Salah et Tamanrasset;
-------Alger à Biskra, Touggourt et Ouargla;
-------Bône et Oran à Colomb-Béchar, Timimoun, Adrar.
-------Cependant l'exploitation des lignes aériennes est coûteuse. En effet, il faut assurer à grand frais l'approvisionnement en essence, des aérodromes. Le coût élevé du transport aérien n'en favorise pas l'usage pour les matières pondéreuses et le ravitaillement ordinaire. Ainsi, l'avion ne supprime-t-il pas pour autant la nécessité de faire appel aux autres moyens de transport.
-------Il est évident que les perspectives d'avenir doivent faire une place importante à une politique des transports adaptée aux exigences nouvelles de la mise en valeur du Sahara.
-------C'est ainsi qu'est envisagée l'installation de pipe-lines pour l'évacuation du pétrole vers les ports d'embarquement, que l'on recourt de plus en plus à l'hélicoptère pour la prospection minière, ce moyen de transport permettant d'ouvrir des chantiers dans les régions les plus isolées et les plus mal desservies, que les sociétés de recherches pétrolières installent des terrains d'atterrisage pour leurs avions.

Les ressources minières et pétrolières


Le charbon

-------Reconnu dès 1907 par le géologue Flamand, le bassin houiller de Colomb-Béchar, situé dans le sud oranais à 730 km d'Oran et 1180 km d'Alger ne fut exploité qu'à partir de 1917 afin d'assurer l'approvisionnement du chemin de fer à voie étroite de Colomb-Béchar à Oran. La seconde guerre mondiale en provoquant une nouvelle pénurie, entraîna une forte hausse de la production (54500 t en 1940, 80000 t en 1941). La mise en exploitation, en 1942, par la " Régie des charbonnages de Colomb-Béchar ", des veines affleurant à Béchar-Djédid permit de passer à 148500 t.
En décembre 1947, ces deux gisements furent nationalisés pour constituer les " Houillères du Sud oranais " (H.S.O.).
-------À l'heure actuelle, la production nette des houillères de Kenadza-Béchar tend à se stabiliser au niveau de 300 000 t par an. La diminution des ventes à l'exportation s'est trouvée compensée par une consommation accrue en Algérie, essentiellement dans la production de l'énergie électrique et du ciment.

-------Bassin de Sfaia-Ghorassa
-------Ce bassin se subdivise en deux unités : le bassin de Ghorassa-Ksiksou et le bassin d'Abadla-Sfaia.
-------Le bassin de Ghorassa-Ksiksou a une superficie de 450 km' environ. L'épaisseur de la couche de charbon, 75 cm (contre 40 cm à Kenadza) a fait naître l'espoir d'atteindre un rendement de 1 300 kg par poste-fond (Ruhr 1400, Kenadza à ce jour 700 kg); les réserves sont évaluées à 15 millions de tonnes.
-------Le bassin de Sfaia-Abadla n'est prospecté que partiellement;
-------Cependant, les gisements houillers du sud-oranais sont défavorisés par la faible épaisseur des veines et l'éloignement des côtes, qui entraîne des frais d'approche considérables. Par ailleurs, s'ils produisent un gaz à haut pouvoir calorifique, la teneur en soufre du charbon en limite l'utilisation.

Le fer
-------Les gisements dits des P.K.
-------Les recherches menées depuis 1950 au sud de Colomb-Béchar par la société Méditerranée-Niger, poursuivies et développées par le B.R.M.A. (Bureau de Recherches Minières algériennes), ont permis de découvrir des gisements de fer à faible importance mais d'excellente qualité. Le minerai ne contient, en effet, ni soufre ni phosphore et la teneur en fer est de 60%.
-------Les réserves probables seraient de l'ordre de 300 à 500000 t.
-------Dans le Djebel Ougarta, à 300 km de Colomb-Béchar, il a été reconnu du minerai de fer à faible teneur et très fortement silicieux.
-------Le gisement de Gara-Djebliet
-------À 120 km à vol d'oiseau au sud-est de Tindouf, à 800 km de Colomb-Béchar, au voisinage immédiat de la frontière algéro-mauritanienne, a été découvert un gisement de fer d'une très grande importance. La reconnaissance détaillée en a été faite par le B.R.M.A. qui a effectué plus de 50 sondages.
-------La surface minéralisée couvre 13 000 ha et contient des réserves évaluées à 3 milliards de tonnes environ, dont plusieurs centainesde millions à fleur de terre. L'extraction ne présentera pas de grandes difficultés et si le mineraisemi-phosphoreux a une teneur moyenne de 50%, une bande riche 'un seu tenant, à teneur supérieure à 55% renfermerait selon les experts près de 400 millions de tonnes. Mais devront être résolus le problème de l'alimentation en eau potable et celui de l'évacuation du minerai. Des sondages récents ont permis de trouver de l'eau au sud de Tindouf.

Le manganèse
-------À 150 km au sud de Colomb-Béchar a été découvert au djebel Guettara un gisement évalué à 1500000 tonnes.
-------La teneur du minerai est de 45,75% en manganèse et 1,56% en arsenic. L'exploitation de ce gisement permettra soit la vente du minerai, soit la création à Kenadza d'une industrie de ferro-manganèse.

Autres minerais
-------Dans le massif cristallin du Hoggar, des indices de minerais d'étain, de tungstène, d'or, de terres rares et de minerais radioactifs ont été décelés. La prospection, activement poursuivie, a encore devant elle un large champ.
-------Le massif cristallin des Eglab à 700 km au sud de Colomb-Béchar n'a encore fait l'objet que de reconnaissances rapides.
-------L'exploration systématique, encouragée par les résultats obtenus, se poursuit. On peut admettre que le Sahara dispose à la fois de réserves non négligeables en minerais et de ressources énergétiques.

Mise en valeur de la région de Colomb-Béchar
-------Le plan de mise en valeur de cette région, où se trouvent réunies un certain nombre de conditions favorables, vise essentiellement à
-------- augmenter la puissance de la centrale thermique de Colomb-Béchar, de manière à utiliser sur place les charbons de moindre qualité;
-------- prolonger le chemin de fer Méditerranée-Niger;
-------- créer un barrage d'irrigation pour la mise en valeur de la vallée du Guir et l'alimentation de la zone industrielle.

-------À l'heure actuelle, la Sté d'Etudes nord-africaine de Matériaux de construction a construit à Colomb-Béchar une briqueterie capable de fabriquer 20 â 30 tonnes par jour de produits réfractaires creux; la Sté de ciments artificiels du Sahara projette l'installation d'une cimenterie (20 à 25 000t par an).
-------Enfin est prévue, pour un proche avenir, une installation d'enrichissement et purification du minerai de manganèse à extraire de Guettara.

Le Pétrole
-------Le Service des Recherches Minières avait procédé méthodiquement, depuis 1941, au relevé des indices d'hydrocarbures et mis au point un programme général d'investigations géologiques.
-------En 1946 la Société Nationale de Recherches de Pétrole en Algérie (S.N. Repal) prenait la suite de ces travaux. Constituée sous la forme d'une Société anonyme, son capital était souscrit à raison de 50% par le Bureau de Recherches de Pétrole et 50% par l'Algérie (crédits du Fonds d'équipement).
-------Abordant en premier lieu - comme il est de règle - les zones à indices nombreux et les plus rapprochées de la côte, la S.N. Repal fore successivement de 1947 à 1952 dans le bassin du Chéliff (où elle exécute plus de 60 000 m de forage sans déceler une production commerciale), dans le Hodna et dans l'Est constantinois, mettant à son actif quelques découvertes d'huile et de gaz naturel, augmentant son potentiel humain et matériel, pendant que ses équipes géologiques dressent l'inventaire des possibilités sahariennes.
-------Sur cette immensité de deux millions de kilomètres carrés (quatre fois la superficie de la France} aucun indice de surface n'a jamais été reconnu. la prospection démarre sur une idée simple : en 1951, un échantillon de schistes siluriens, prélevé sur un affleurement dans une palmeraie au sud d'Ougarta, donne au chloroforme un extrait de 4 % de produits hydrocarburés. Cette formation sédimentaire présente une constance remarquable de faciès, et peut être considérée comme une " roche-mère " possible. Nombreuses sont par ailleurs, dans les sédiments qui se sont déposés ultérieurement, les couches poreuses qui peuvent jouer le rôle de " roches-réservoirs ".
-------Le problème ainsi posé est considérable. Il s'agit de mettre en évidence sous une couvertuire de morts-terrains, dont l'épaisseur s'accroit progressivement depuis le Hoggar jusqu'à l'Atlas (où elle dépasse quatre mille mètres), le comportement des assises primaires observables seulement dans la région de Colomb-Béchar-Beni-Abbès et au Sud du parallèle d'In Salah. C'est une vaste opération de " dissection " qui doit être effectuée, à maille de plus en plus serrée avec le secours des méthodes géophysiques : gravimétrie, magnétométrie, sismique-réflexion et sismique-réfraction, étude des courants telluriques, dont l'emploi révélera les anomalies des sédiments profonds.
-------La précision de la détermination des " structures " énigmatiques augmentera régulièrement au fur et à mesure de la vérification par sondages des propriétés mécaniques des terrains supposés pétrolifères.
-------Devant l'étendue du problème, qui suscite un intérêt croissant, trois autres groupes interviennent sous l'égide du Gouvernement
-------- au début de 1949 la Compagnie Française des Pétroles qui constitue une filiale dénommée C.F.P. (Algérie);
-------- au milieu de 1951 la Régie autonome des Pétroles et le Groupe Shell- Royal Dutch qui constituent deux Sociétés filiales
------------ la Compagnie de Recherches et d'Exploitation du Pétrole au Sahara (C.R.E.P.S.) formée de R.A.P. 55%, Shell-Royal Dutch 35%, S.N. Repal 5°,%%,
B.R.P. 5%,
------------ et la Compagnie des Pétroles d'Algérie (C.P.A.): Shell-Royal Dutch 65%, R.A.P. 30%, B.R.P. 5%.
-------Le Sahara Septentrional et Central est réparti en trois bandes orientées grossièrement Est-Ouest
-------Dans la région Nord deux groupes distincts de permis totalisant 250 000 km2 sont accordés le 15 octobre 1952 respectivement à la S.N. Repal et à la C.F.P.A. qui coordonnent leurs efforts tout en conservant leur liberté d'action au sein de leur zone propre.
-------Immédiatement au Sud 165 000 km2 sont accordés en 1953 à la C.P.A., tandis que la C.R.E.P.S. se voit attribuer en bordure du Hoggar un territoire de 145 000 km2.
-------Une intense compétition se développe alors dans ces régions désertiques dont l'infrastructure rudimentaire pose des problèmes ardus aux techniciens.
-------L'avion, la voiture tous-terrains et le matériel le plus moderne sont mis en ouvre suivant un rythme exceptionnel pour l'implantation des équipes de chercheurs.
-------Quelques chiffres donnent une idée de l'ampleur de la tâche
-------À la fin de 1955 près de cinquante kilomètres de forages avaient été exécutés par l'ensemble des sociétés qui occupent 2 000 personnes, dont 150 ingénieurs, géologues ou assimilés et 400 techniciens et spécialistes. Le montant global des dépenses atteignait environ vingt milliards de francs (dont la moitié pour la seule année 1955). Le budget 1956 s'est élevé à dix milliards. Celui de 1957 avoisine quinze milliards.
-------L'essentiel des résultats obtenus dans les différents secteurs peut se résumer de la façon suivante:
-------Fin 1953, la C.R.E.P.S. découvre au Djebel Berga (100 km Sud d'in Salah) à 1400 mètres de profondeur, dans les grès poreux du Dévonien inférieur, une réserve très importante de gaz combustible. Les recherches ultérieures ont révélé l'existence de gisements analogues dans l'Ahnet mais jusqu'ici n'ont pas fourni de pétrole en quantité commerciale.
-------Les grès du même étage contiennent des indices d'huile légère dans la partie occidentale des permis S.N. Repal C.F.PA. de l'Oued Rharbi et d'El Golea.
-------En mars 1956, la C.R.E.P.S. met à jour vers 650 m de profondeur, dans les grès carbonifères de l'Erg Bou Rarhet, au voisinage de la frontière lybienne, une huile légère d'excellente qualité. D'importants indices positifs ont été reconnus depuis dans ce district où la prospection se poursuit très activement.
-------En juillet 1956, à 130 km S.E. de Laghouat, la C.F.P.A. rencontre à 2 250 mètres de profondeur, dans les grès triasiques, une quantité notable d'un excellent pétrole brut.
-------En août 1956, les esais effectués à 3 200 mètres de profondeur par la S.N. Repal sur les grès triasiques recoupés par le sondage d'Hassi-Messaoud (75 km à vol d'oiseau Est d'Ouargla) fournissent à raison de plusieurs m3/h sous une pression de gisement de 450 kg/cm2 - une huile légère, de densité 0,80 très fluide et exempte de soufre. L'épaisseur du réservoir dépasse ici la centaine de mètres. Il n'a pas encore été traversé complètement. Un tel puits pourrait fournir normalement une production annuelle de cent mille tonnes.
-------Au début de novembre 1956, le sondage d'Hassi R'Mel (70 km N O de Chardaïa) exécuté par C.F.P.A. pour le compte de S.N. Repal rencontre, à 2 132 mètres, les grès triasiques fortement imprégnés d'un gaz combustible renfermant une proportion appréciable de produits condensables. Un essai récent a permis de calculer que sous une pression de fond de 270 kg/cm2 ce forage pourrait débiter 50 000 m3/heure, soit plus d'un million de m3/jour. Si on se rappelle que l'émission annuelle de l'ensemble des usines à gaz d'Algérie est de 90 millions de mètres cubes, on mesure l'importance d'une telle découverte. Il est possible d'ailleurs que la suite des opérations démontre l'existence en profondeur d'un gisement d'huile.
-------On voit donc qu'en moins de trois ans les hydrocarbures ont été rencontrés dans des roches gréseuses appartenant à trois étages géologiques distincts, à des profondeurs variant de 600 mètres à 3 200 mètres avec des pressions de gisement permettant d'escompter des débits commerciaux si les structures se révèlent convenablement imprégnées.
-------Une telle série de découvertes apporte la preuve que le Sahara peut être désormais considéré comme une " province pétrolifère ". Reste à déterminer, dans les mois qui suivent, les caractéristiques des grès réservoirs à proximité des accumulations rencontrées par les sondages. Dans tous les secteurs en effet, les sondages de reconnaissance ont mis en évidence de grandes variations dans la porosité et la perméabilité des grès de tous les étages.
-------Cette circonstance incite les techniciens à beaucoup de prudence dans les calculs de réserves et de débits possibles des gisements dont certains sont susceptibles de s'étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés.
-------La probabilité est forte pour que cette évaluation soit possible vers la fin de juin 1957 pour la région d'Edjelé et vers la fin de 1957 pour les régions d'Ouargla et le Nord du M'Zab, dans des conditions telles qu'une mise en exploitation soit réalisable dans chacun de ces districts.
-------L'étude des avants projets de pipe-lines d'évacuation est en cours.
-------Dans le même temps le B.R.P. intensifiera la pré-reconnaissance du Nord de la Hammada de Tinr'hert et du Sahara Occidental au voisinage d'Adrar, préparant la voie à l'introduction de nouveaux organismes de reconnaissance attirés par le succès des premiers prospecteurs.
-------Les magnifiques résultats enregistrés sont dus à l'efficacité des équipes de géophysique et au dynamisme des géologues et foreurs sahariens dont la productivité ne le cède en rien à celle des spécialistes confirmés de l'étranger.
-------Cette oeuvre bien française, conçue et réalisée dans un temps record, témoigne de la volonté réfléchie et de la vitalité de notre pays. Le moment approche où elle contribuera puissamment à assurer aussi bien la sécurité de notre ravitaillement en combustibles liquides que le développement industriel et social de l'Algérie.

Les cadres de mise en valeur du sahara algérien

-------Les Territoires du Sud ne représentent qu'une partie du Sahara français, dont l'unité a été rompue par le morcellement administratif. La mise en valeur rationnelle et systématique de cet ensemble ne peut se concevoir que dans le cadre de l'Union française.
-------C'est à cette nécessité qu'entend répondre la loi du 10 janvier 1957, concernant l'Organisation Commune des Régions Sahariennes qui a pour objet de provoquer la mise en valeur, l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes françaises administrativement rattachées à l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan, le Niger et le Tchad.
-------Trois zones dont les limites exactes seront précisées par décret après consultation des assemblées des territoires intéressés ont été constituées. Elles groupent respectivement
-------- La commune mixte et l'annexe de Colomb-Béchar, la partie de l'annexe de Géryville, située au Sud des monts des Ksours, les communes indigènes et les annexes de la Saoura, du Gourara, du Touat et de Tindouf. la partie saharienne des cercles de Goundam, de Tombouctou et de Gao;
-------- Les parties sahariennes des communes mixtes de Laghouat et de Djelfa, les communes indigènes et les annexes de Ghardaïa, El Goléa et Ouargla, les communes mixtes de Touggourt et d'El-Oued, les communes mixtes et annexes du Tidikelt, des Ajjers et du Hoggar;
-------- La partie nord des cercles de Tahoua et d'Agadès, comprenant la totalité de la subdivision de Bilma, la région de Borkou Ennedi Tibesti.

-------L'Organisation Commune des Régions Sahariennes doit permettre sur le plan social, d'améliorer le niveau de vie des populations et d'assurer leur promotion sociale dans le cadre d'une évolution compatible avec leurs traditions.
-------Sur le plan économique, elle assurera la coordination des programmes d'études, de recherches, puis de mise en valeur de ces régions, dans les domaines énergétique, minier, hydraulique, industriel et agricole. Elle établira en fonction de ces programmes un plan d'infrastructure et suscitera chaque fois que des conditions favorables le permettront la création d'ensembles industriels.
-------L'institution de l'O.C.R.S. répond au désir de la France d'appliquer le principe qui a inspiré à la fois les travaux de la Conférence de Brazzaville en 1944 et le préambule de la Constitution de 1946, et à la nécessité de développer l'économie de l'Union française. Elle s'intègre également dans le contexte européen.
-------Assurer la promotion sociale et matérielle des populations autochtones, tel est l'objectif final.
-------L'organisation commune, organisme de coordination, se superpose à diverses institutions déjà existantes et les complète. Ce sont, à l'échelon gouvernemental
-------Le Comité d'Etude des Zones d'organisation industrielle de l'Union française, créé le 24 juin 1950, a pour but d'étudier la création de " Zones d'organisation industrielle en Afrique " (Z.O.I.A.) en tenant compte des facultés physiques, géographiques, hydrauliques et des exigences politiques et stratégiques, indépendamment des frontières internes de l'Union française.
-------Le Bureau d'organisation des ensembles industriels africains (B.IA.), (créé par la loi du 5 janvier 1952). Organisme d'État doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière et dont la compétence s'étend à tous les territoires africains ne relevant pas du Ministère de la France d'OutreMer.
-------Son conseil d'administration, présidé par M. Louis Armand, comprend 7 représentants de l'administration centrale, 3 représentants des pays d'Afrique du Nord, 6 représentants des établissements publics ou des sociétés participant à la recherche et à l'exploitation des ressources de l'Afrique du Nord, et 6 personnalités choisies en raison de leur compétence en matière industrielle et financière.
-------Le B.I.A. a pour objet la mise en oeuvre des programmes élaborés en vue du développement des ensembles industriels africains notamment par la création d'organismes ou entreprises dont l'activité entre dans le cadre de ces programmes. Il s'agit d'un organisme de coordination, d'orientation et d'impulsion.
-------La commission interministérielle des pistes transsahariennes, créée par décret le 27 janvier 1954, où siège un représentant du Ministre résidant en Algérie, est chargée de la mise en valeur du Sahara par l'aménagement de ses moyens de transports.
-------À l'échelon local, le Ministre résidant, Gouverneur Général de l'Algérie, assisté par ses services, est chargé d'appliquer les programmes à l'élaboration desquels il a participé.
-------La recherche minière est confiée à deux organismes spécialisés
-------1. Le Bureau de Recherches minières de l'Algérie (B.R.M.A.).Etablissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière, a remplacé en 1948 l'ancien service des recherches minières en Algérie. Il est chargé d'assurer la prospection des produits du sous-sol de l'Algérie et peut en assurer l'exploitation, soit seul, soit en prenant des participations dans les organismes publics, privés ou mixtes, dont il aura au besoin, provoqué la création. Ce Bureau est placé sous l'autorité du Gouverneur Général.
-------Le B.R.M.A., en liaison étroite avec le B.I.A., qui finance une part importante des travaux, a entrepris la reconnaissance systématique de la région de Colomb-Béchar, du Hoggar et de Tindouf.
-------2. Le Bureau de Recherches de Pétrole, établissement public doté de la personnalité civile et de l'autonomie financière, a été créé en 1945 avec pour mission " d'établir un programme national de recherches de pétrole naturel et d'assurer la mise en oeuvre de ce programme dans l'intérêt exclusif de la nation ". Sa compétence s'étend à la France métropolitaine, à l'Algérie, aux départements d'Outre-Mer, aux territoires d'Outre-Mer. Il détient dans la plupart des organismes de recherches, une participation majoritaire ou prépondérante.
-------Auprès de ces organismes publics, il faut citer notamment, des organismes d'études parapublics ou privés, tels que
-------- Le " Comité d'expansion de la région de Colomb-Béchar " (1956), la " Société d'Etudes pour l'équipement minier et industriel " (1951) qui, en 1954, a constitué 4 sociétés d'études : la S.E.N.A.F.: Société d'Etudes nord-africaine du ferro-manganèse; la S.E.T.A.Z.: Société d'Etudes des engrais azotés en Afrique du Nord; la S.O.C.A.S. : Société des ciments artificiels du Sahara; la S.E.N.A.M.: Société d'Etudes nord-africaine de matériaux de construction.
-------- " L'association eurafricaine minière et industrielle " (1955) qui a pour but d'intéresser les industriels européens à la mise en valeur du Sahara.

Conclusion

-------Le pétrole permettra, en fournissant les ressources indispensables à l'industrialisation, d'améliorer le niveau de vie des populations du Sahara lui-même et aussi de l'Algérie du Nord.
-------En effet, le développement économique du Sahara algérien et l'exploitation des richesses qu'il enferme, exigent un potentiel énergétique important pour permettre de pomper l'eau des nappes profondément enfouies dans le sol, d'extraire les minerais, de les utiliser sur place ou de les évacuer vers les ports d'embarquement et les lieux d'utilisation.
-------L'énergie c'est, aujourd'hui surtout, le pétrole, les gisements de houille n'offrant pas de larges perspectives d'exploitation hors du bassin de ColombBéchar.
-------L'énergie nucléaire et l'énergie solaire pourront, dans un avenir plus ou moins proche, prendre le relais. -------L'utilisation de ces ressources en est encore au stade de l'expérimentation; mais on peut fonder sur elles de sérieux espoirs, dans la mesure où elles procurent, avec un prix de revient relativement peu élevé, un potentiel énergétique important.
-------En l'état actuel des recherches, le plan de mise en valeur du Sahara prévoit une production de pétrole de 10 millions de tonnes en 1960 et de 25 millions de tonnes en 1970. Une mise en exploitation limitée mais immédiate a été récemment décidée qui permettra de produire 500.000 tonnes de pétrole brut dès 1958.
-------L'installation du pipe-line provisoire destiné à transporter le pétrole d'Hassi-Messaoud à rouggourt est commencé, ainsi que l'élargissement de la voie ferrée Biskra-Touggourt. De Touggourt, le pétrole sera acheminé par wagons-citernes vers les ports du Constantinois (Bone et Philippeville).
-------La France importe actuellement chaque année 24 millions de tonnes de pétrole environ. Si les prévisions du plan de mise en valeur se trouvent confirmées, on voit que dès 1970 le Sahara pourrait, avec l'appoint des autres régions africaines, satisfaire en totalité les besoins pétroliers français qui sont en accroissement rapide (7 %); selon des estimations sérieuses, c'est une économie de 750 millions de dollars qui serait ainsi réalisé.
-------Ainsi, outre qu'il doit permettre d'éviter une sortie considérable de devises fortes, le pétrole saharien doit assurer à la France, pourvue alors de ressources énergétiques suffisantes, une puissance et une indépendance économiques qui sont la condition et le fondement de la puissance et de l'indépendance véritables.
-------Miracle pour les uns, mirage pour les autres, le Sahara n'est rien autre chose que l'occasion pour la France d'accomplir une oeuvre dont les résultats seront à la mesure des efforts, des sacrifices et du courage de ceux qui sauront l'accomplir et surmonter les difficultés que la persévérance des hommes peut seule lever à la longue du temps.